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SENUM 2025 : Ce que pensent les élèves de l’IA

L’intelligence artificielle fascine autant qu’elle questionne. À l’occasion de l’édition 2025 de la Semaine du Numérique à Cotonou, les élèves et étudiants rencontrés se montrent à la fois enthousiastes et vigilants face à cette technologie qui redéfinit leurs méthodes d’apprentissage. Pour eux, l’IA est une opportunité… à condition de ne pas oublier l’essentiel : apprendre réellement.

« Une aide, pas une béquille »

Pour Kponon Amadeo, 16 ans, élève en développement web au lycée HTC-CETIP, la tentation d’utiliser l’IA à outrance peut s’avérer dangereuse.
« Certains utilisent l’IA pour avoir la main facile… mais en tant que développeur, il faut comprendre chaque balise, chaque ligne de code », explique-t-il, regrettant que certains de ses camarades se reposent trop sur les outils génératifs. Pour lui, l’IA n’est pas une menace : « si elle est bien utilisée », elle devient au contraire un catalyseur d’apprentissage.

« Les élèves ne veulent plus faire d’efforts »

Sa camarade Mensah Astrid, 15 ans, partage le même constat, mais avec une pointe d’inquiétude.
« Plusieurs élèves donnent tout à l’IA sans faire d’efforts. Ce n’est pas le but. Tu fais d’abord toi-même et l’IA te corrige », affirme-t-elle.
Pour elle, le danger n’est pas l’outil en lui-même, mais la manière dont certains l’utilisent : « L’IA devient un risque quand elle domine l’élève ».

« Une aide… à condition de mettre des limites »

À 19 ans, Seminakpon Jude, étudiant à l’ENEAM, appelle lui aussi à une utilisation responsable.
« L’IA est un outil nécessaire… à condition de mettre une barrière. Moi, je me sers des idées de l’IA mais je fais mes devoirs moi-même », confie-t-il.
Il voit dans ces technologies un tremplin vers la créativité, à condition de conserver l’effort personnel et l’esprit critique.

Une génération mitigée mais consciente

Les témoignages convergent : les jeunes béninois reconnaissent le potentiel immense de l’intelligence artificielle rapidité, aide à la compréhension, gain de temps mais restent conscients de ses dérives possibles. Entre fascination et prudence, ils semblent mieux placés que jamais pour en définir les limites.

Plus largement, les élèves interrogés estiment que l’école et les familles ont un rôle clé : expliquer, accompagner, et apprendre à bien utiliser ces outils plutôt que les interdire. À leurs yeux, l’IA est inévitable, autant dans le monde professionnel que dans la vie quotidienne. Le véritable défi consiste donc à trouver un équilibre entre assistance technologique et autonomie intellectuelle.

Au final, une phrase revient souvent chez ces jeunes rencontrés à la SENUM : « L’IA doit nous aider, pas penser à notre place. » Une mise en garde lucide qui montre qu’au-delà de l’enthousiasme, la nouvelle génération comprend déjà que l’avenir numérique se construira avec l’IA… mais jamais sans effort.

Joël DADZIE (Libertetogo.tg)

 

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