
Il y a six mois que l’ancienne ministre des Armées, Marguerite Gnakadé a été arrêtée et détenue dans un endroit tenu secret. Les Togolais épris de justice et de liberté ne doivent pas l’oublier, mais continuer à parler d’elle, à la soutenir pour qu’elle ne sente pas seule et abandonnée à son triste sort.
On se rappelle, à l’aube du mercredi 17 septembre 2025, la résidence de l’ancienne ministre située au quartier Tokoin Solidarité à Lomé, a été encerclée par un impressionnant dispositif sécuritaire avec des militaires encagoulés et lourdement armés qui l’avaient embarquée. Pendant plusieurs heures, son domicile sera perquisitionné.
Marguerite Gnakadé sera d’abord conduite à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) où elle subira des interrogatoires pendant deux jours, avant d’être inculpée et placée sous mandat de dépôt par le procureur de la République, Mawama Talaka. Elle est accusée de « trouble aggravé à l’ordre public, appel au soulèvement populaire, incitation de l’armée à la révolte, association de malfaiteurs, financement de terrorisme et atteinte à la sûreté nationale ».
Depuis, l’ancienne ministre des Armées qui n’a eu de cesse de fustiger vertement la gouvernance calamiteuse de Faure Gnassingbé allant jusqu’à appeler à sa démission du pouvoir, des critiques virulentes qui sont d’ailleurs à l’origine de son arrestation musclée, a été conduite à une destination inconnue. Pendant plusieurs jours, son arrestation a cristallisé les débats, puis au fur à mesure, la rage et la colère des populations se sont estompées. Aujourd’hui, presque personne ne parle d’elle. L’impasse politique et la désespérance sociale ont atteint un tel niveau que les Togolais sont complètement épuisés et consacrent le peu d’énergie qu’ils ont encore aux luttes quotidiennes pour la survie.
Il est utile qu’on se souvienne d’elle pour qu’elle sache qu’on ne l’a pas oubliée. Selon nos informations, il y a un statu quo qui entoure son dossier. « Le dossier est vide et au point mort. Ni le doyen des juges, ni le procureur ne savent plus quoi faire. Ils attendent les instructions de Faure Gnassingbé », nous confie une source.
Pendant ce temps, l’ancienne ministre des Armées est malade. Elle serait détenue ou plutôt confinée dans une pièce d’une villa à la Cité Millenium à Lomé où les droits basiques de son statut de prisonnière sont bafoués. Elle n’aurait pas le droit de sortir de la pièce pour prendre de l’air ou marcher sur la cour. Elle n’aurait non plus le droit à aucun papier, ni livre, même pas la Bible.
Toujours selon nos informations, son avocat ne connaît pas son lieu de détention. « Si l’avocat veut la voir, on l’amène sous bonne garde au tribunal et c’est là-bas que l’avocat échange avec elle », renseigne notre source.
La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) aurait également voulu visiter son lieu de détention, mais sa demande a été rejetée. Par ailleurs, nous avons appris que ses comptes bancaires ont été gelés.
La résidence de Marguerite Gnakadé est toujours scellée et gardée par les militaires. Ses enfants y ont été expulsés.
M.K




