
La Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) a commémoré, le 29 décembre 2025, ses six années d’existence à l’occasion d’une conférence de presse marquant l’anniversaire de sa création. Placée sous le thème « La DMK, six ans de résilience pour la Souveraineté intégrale du Togo (SITO) », la rencontre a été l’occasion pour le mouvement souverainiste de dresser un bilan politique, stratégique et spirituel de son action, tout en traçant les perspectives de ce qu’il appelle la « République nouvelle ».
La déclaration liminaire a été lue par Mme Akossiwa Philomène Nemey, Coordinatrice nationale de la DMK, devant des journalistes, des militants, des acteurs de la société civile et des représentants des forces démocratiques.
Créée le 28 décembre 2019 à Bruxelles, la Dynamique Monseigneur Kpodzro se réclame de l’héritage politique et moral de Monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro, ancien président de la Conférence nationale souveraine. Selon ses responsables, la DMK est née dans un contexte de crise sociopolitique profonde, marqué par la contestation de la feuille de route de la CEDEAO et par la volonté de défendre la « vérité des urnes » à l’issue de la présidentielle du 22 février 2020.
Au cœur de cette dynamique figure également Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo, présenté par la DMK comme le « président légitime » du Togo, dont la victoire aurait été confisquée. Sa disparition en exil en mars 2024, tout comme celle de Monseigneur Kpodzro en janvier de la même année, a été longuement évoquée au cours de la conférence, avec un hommage rendu aux « martyrs de la lutte souverainiste ».
Dans sa déclaration, la DMK revendique six années de « résistance pacifique » articulée autour de la doctrine de la Souveraineté intégrale du Togo (SITO). Le mouvement affirme avoir mis en place une couverture territoriale nationale, avec des référents régionaux, préfectoraux et communaux, présentée comme une première dans l’histoire de la contestation politique togolaise.
Sur le plan doctrinal, la DMK s’appuie sur le Manifeste de Refondation éthique et souveraine du Togo (REST), qu’elle présente comme une boussole pour la reconstruction institutionnelle, économique et morale du pays. Elle met également en avant la mise en place d’un « gouvernement légitime du Togo en exil », censé incarner la continuité républicaine.
La dimension spirituelle occupe une place centrale dans le discours du mouvement. Depuis juillet 2025, la DMK dit avoir engagé une « révolution spirituelle pacifique », fondée sur des actions de prière collective et une mobilisation des différentes confessions religieuses, présentée comme un socle de la lutte souverainiste.
La conférence de presse a également servi de tribune pour un réquisitoire contre la gouvernance actuelle du pays. La DMK dresse un tableau sombre de la situation économique et sociale, évoquant la pauvreté persistante, l’endettement public, la corruption et l’absence de redevabilité budgétaire.
Selon le mouvement, les programmes sociaux annoncés par les autorités, notamment les aides financières aux populations vulnérables, ne suffisent pas à masquer ce qu’il qualifie de « banqueroute de la gouvernance ». La DMK appelle à une rupture totale avec le modèle économique actuel au profit d’une politique de « souveraineté productive ».
La DMK a annoncé le lancement officiel, sur le territoire national, de la Charte citoyenne togolaise de révolution pacifique (CCTRP), assortie d’un serment citoyen, qu’elle fonde sur l’article 150 de la Constitution de 1992 relatif au droit de résistance.
Le mouvement invite la jeunesse, les femmes, les travailleurs, la diaspora et les partenaires internationaux à s’engager dans ce qu’il décrit comme une triple révolution – spirituelle, politique et économique – destinée à conduire à l’avènement d’une « République nouvelle », libre, souveraine et réconciliée avec elle-même.
À l’issue de la conférence, la DMK a réaffirmé sa détermination à poursuivre son combat « pour la vérité, la dignité et la souveraineté intégrale du Togo », appelant les médias à relayer fidèlement son message et les citoyens à s’en faire les porteurs.




