ActualitesSociété

Togo/Togocom : Fouilles pour la pose de la fibre optique ou l’exploitation de l’homme par l’homme ?

 

La responsabilité de la société Togocom dans l’exploitation des ouvriers qui font les fouilles pour la pose de la fibre optique sur toute l’étendue du territoire national peut-elle être engagée lorsqu’au finish, le travail à effectuer s’apparente à de l’exploitation de l’homme par l’homme ?
Depuis quelques jours, des fouilles sont en train d’être effectuées dans les rues et aux devantures de maisons dans diverses quartiers. Sauf que l’équation n’est pas aussi simple.
Pour avoir approché certains ouvriers à l’œuvre dans un quartier afin d’en savoir un peu plus sur les conditions de leur travail, il nous est revenu que chaque ouvrier actuellement est payé à 600FCFA. Mais pour prétendre à cette somme, il faut avoir creusé dans le sol sur une distance de 1 mètre sur 1,20m de profondeur, et sur une largeur de 50 ou 60cm. Mais pas que. Il faut y poser le tuyau dans lequel devra passer la fibre optique, puis refermer ce trou proprement. Et pour la vérification, ce seraient des agents de Togocom qui passeraient pour contrôler l’exactitude du travail effectué.
Mais lorsque des intermédiaires rentrent en jeu, c’est la rétribution des ouvriers qui prend un coup de coupe drastique. Des ouvriers ayant connaissance de leur situation, mais n’ayant pas d’alternative, nous ont confié que ce qu’ils devraient percevoir de Togocom n’est pas ce qu’on leur donne au final. Explication.
« Selon les informations que notre chef nous a données, Togocom a signé un contrat avec une première société dont je préfère taire le nom ; celle-ci a alors sous-traité le travail à une autre société, laquelle a ensuite trouvé d’autres sous-traitants qui nous recrutent pour faire le travail. Finalement, nous qui sommes sur le terrain, nous nous situons au 4ème niveau. Imaginez un peu si Togocom devrait recruter directement les ouvriers pour ces travaux », a confié, amère, un ouvrier.
A l’en croire, tout serait fait pour que les paiements des ouvriers ne s’éloignent pas trop du SMIG dans le pays. « Les gens voient d’un mauvais œil que nous puissions faire par exemple 15m de fouille par jour ; ce qui, mathématiquement, fait 90m de lundi à samedi. Pour eux, un ouvrier qui gagne plus de 50.000 FCFA par semaine serait trop à l’aise et deviendrait indépendant, donc peu soumis. Ils oublient que nous n’avons aucun service de protection sociale et dans nos vieux jours, nous devenons des charges pour nos familles », s’est désolé l’ouvrier transpirant sous le chaud soleil.
Combien l’ouvrier faisant la fouille pour enfouir la fibre optique au sol devrait percevoir selon la grille tarifaire de Togocom ? La multiplication de sous-traitants est-elle de nature à ripoliner l’image de cette société monopolistique ?

 

Godson K.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page