
L’Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITTO) a dénoncé, à l’occasion de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de torture, les manquements persistants du régime togolais en matière de réparations et de prévention des actes de torture.
Organisation de défense des droits humains, l’ASVITTO, a réitéré son soutien inconditionnel à toutes les victimes de la torture et à leurs familles au Togo et exprimé sa solidarité particulière envers celles encore détenues arbitrairement dans les geôles de la répression.
L’association fustige l’Etat togolais pour son inaction en matière de réparations. « Non seulement les indemnisations des victimes ne sont toujours pas versées, mais les auteurs présumés des actes de torture ne sont nullement inquiétés. Pire encore, des actes de torture et des traitements cruels, inhumains et dégradants continuent d’être infligés par les forces de sécurité lors des interpellations et dans certains lieux de privation de liberté », a déploré Kao Atcholi, président de l’ASVITTO.
Il estime que les traitements cruels, inhumains et dégradants ont encore cours au Togo et sont pratiqués par les Forces de sécurité lors des interpellations et dans certains endroits de privation de liberté.
Sur le plan de la prévention, l’ASVITTO dénonce la suppression des articles dissuasifs et coercitifs contre les auteurs d’actes de torture dans la nouvelle constitution, contrairement aux dispositions de la Constitution de 1992 qui offraient une protection efficace des populations. « Le Mécanisme National de Prévention de la torture, intégré à la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), est resté sous influence politique depuis sa mise en œuvre en avril 2019, rendant inefficace la prévention de la torture. La CNDH-MNP n’a pas répondu aux attentes, passant sous silence les plaintes sur la torture dans ses rapports annuels et restant insensible aux souffrances des victimes toujours en détention arbitraire malgré les décisions de la Cour de justice de la CEDEAO », a martelé Kao Atcholi.
Face à ces constats alarmants, l’ASVITTO appelle chaque citoyen à prendre ses responsabilités pour œuvrer à l’indépendance des institutions de défense des droits humains. Elle invite particulièrement les étudiants, lycéens et collégiens à s’approprier des outils de protection des droits de l’homme, afin de lutter efficacement contre toutes les formes de torture sur le territoire.
Enfin, l’ASVITTO exhorte la communauté internationale à travailler sans relâche pour l’application des décisions de la Cour de Justice de la CEDEAO demandant la libération et la réparation des victimes de torture, notamment les arrêts : N° ECW/CCJ/JUD/12/23, N° ECW/CCJ/JUD/45/2023, N° ECW/CCJ/JUD/28/23, et N° ECW/CCJ/APP/19/11.
La Journée internationale contre la torture, adoptée le 12 décembre 1997, commémore l’entrée en vigueur de la Convention des Nations Unies contre la torture le 26 juin 1987, et vise à l’éradication totale de la torture et à l’application effective de la Convention.
Joël Dadzie




