
Et si cette fois-ci était la bonne ? Malgré la sortie du chef de l’Etat à la COP 2015 à Paris, tendant à faire croire que le cycle des inondations serait une histoire ancienne à Lomé, la capitale, le phénomène reste une arlésienne. Jusqu’au vendredi 13 septembre 2024 où le gouvernement parle d’une « meilleure gestion des inondations dans le Grand Lomé ». En espérant que les bassins implantés dans des zones sans écoulement gravitaire vers la mer et les quartiers qui suffoquent en silence lors des saisons des pluies ne seront pas oubliés cette fois-ci encore.
« Le Grand Lomé va renforcer sa résilience face aux inondations grâce à une nouvelle initiative », lit-on sur un des portails de la République togolaise. Grâce à une étude financée par la Banque Mondiale intitulée « Aléas et risques d’inondations-atténuation des inondations dans le Grand Lomé ». Et aux rangs des zones ciblées, on cite l’ouest de Lomé, les bas-fonds, les vallées, et les zones lacustres. Serait-ce dans ce cadre qu’une canalisation pour évacuer l’eau au niveau des bassins jumeaux de Léo 2000 est en construction actuellement ? Seulement, une hirondelle ne fait pas le printemps et quand il s’agit surtout d’initiatives au Togo, la prudence est de rigueur.
Pendant plusieurs saisons, les riverains de ces deux bassins ont été traumatisés par ces constructions qui se sont révélé des dangers plus que des solutions. Tout simplement parce qu’aucune étude n’avait prévu d’évacuer le trop-plein en cas de fortes pluies en rapport avec les dimensions réduites desdits bassins. La même vulnérabilité s’observe au niveau du bassin Avedji 2 situé devant la demeure du président de l’Assemblée nationale. Pour ce dernier cas, ce sont les multiples allers retours des camions de l’entreprise EBOMAF qui ont été mis à contribution pour évacuer le trop-plein vers celui de douane Adidogomé. Que se passera-t-il le jour où ces camions ne seront plus là ?
Pour revenir aux bassins de Léo 2000, il est loisible de constater ces temps-ci des travaux aux alentours. Mais là encore, il y a matière à s’inquiéter. En effet, des tuyaux sont « implantés » depuis l’un des bassins jusqu’à une rigole qui devra évacuer de façon gravitaire les eaux vers le bassin Avedji 1.
Mais le constat établi est que les tuyaux ont pris place dans une bonne partie de la rigole qui convoyait une partie des eaux vers ce bassin dans le sens inverse. Pourvu que lors des prochaines pluies, les dimensions restantes de la rigole ne soient pas débordées pour que les eaux se retrouvent sur l’asphalte et créent d’autres ennuis.
Loin des bassins de rétention, il y a des quartiers qui en sont totalement dépourvus. Bien que pluriels, on n’en citera que deux : Awatamé et Dablakopé.
Si pour l’un, le caractère enclavé et le relief peuvent donner du fil à retordre, pour l’autre, il s’agit d’un quartier dont les inondations ont été créées par le fait de l’homme. Mais à Awatamé, des informations font état de ce qu’un site pour implanter un bassin de dimensions pour enrayer les inondations aurait été ciblé depuis des lustres ; et les maisons devant être impactées auraient été prises en charge conséquemment. Dans le cas où c’est avéré, les autorités attendent-elles un décompte macabre en vies humaines avant de prendre le taureau par les cornes ?
A Dablakopé, des témoignages attestent qu’avant la construction de la demeure du chef de l’Etat dans le quartier, jamais des pluies n’avaient délogé des habitants. Mais une fois les travaux achevés, des déviations des eaux de ruissellement ont condamné les populations à s’en remettre au bon Dieu à chaque saison des pluies.
Pour avoir visité la zone, nous avons constaté qu’effectivement, les habitants dans ce quartier sont livrés à eux-mêmes lorsqu’il pleut. Le proverbe selon lequel « le vin est tiré, il faut le boire » peut s’appliquer à eux. S’il est vrai qu’il existe un financement de la Banque Mondiale pour lutter contre le phénomène des inondations, et s’il est aussi vrai que le Grand Lomé est ciblé, et que Dablakopé fait partie du Grand Lomé, pourquoi ne peut-on pas réquisitionner ce quartier pour cause d’utilité publique et y construire un bassin de rétention qui contienne les eaux de pluie et endigue définitivement la problématique des inondations là-bas ? Avec comme préalable une juste indemnisation des propriétaires. Qui veut, peut, dit-on.
Depuis l’achèvement des travaux de construction de la demeure du chef de l’Etat dans la zone en 2006, le calvaire des populations a commencé dès la saison pluvieuse qui a suivi. C’était le 2 juin 2007, un samedi. Et le lundi qui avait suivi, les ministres d’alors, Komlan Mally de l’Habitat et Meimounatou Ibrahim des Affaires sociales étaient au chevet des sinistrés. Quasiment toutes les maisons avaient les pieds dans l’eau. Mais pourquoi, plus de 20 ans après, aucune initiative n’est prise pour adresser ce problème ? Dablakopé, c’est juste derrière le centre Caccaveli qui abrite des antennes de transmission.
Godson K.




