
«En 2008, la coque d’un ordinateur avait été illustrée par un tableau de l’artiste peintre Josep Amedokpo. Agé de 78 ans, l’’artiste est récemment décédé à Vogan et ses obsèques auront lieu les 23 et 24 août prochains », lit-on dans un post signé de Kangni Alem, un homme de lettres, écrivain et critique littéraire togolais.
Bien de noms sont souvent cités quand on parle d’art pictural au Togo. Il serait fort difficile de dresser la liste de ces artistes dont les œuvres ou tableaux ont été exposés et admirés dans de nombreuses galeries à travers le monde. Qui était ce fécond artiste–peintre, hélas peu connu du grand public ?
La localité lagunaire de Badougbé, située au Sud-Est du Togo dans la préfecture de Vo, a vu naître Joseph N’koalé Amédokpo en décembre 1946. Pris en main dans sa tendre enfance par un oncle, maître charpentier-ébéniste qui résidait à Lagos, il amorce sa scolarité à l’Ecole catholique Sainte Croix (Holy Cross) de l’ancienne capitale nigériane, puis termina le secondaire à la fin des années soixante. Passionné d’art, il entre en formation en art et en peinture à Yaba Trade Center dans la périphérie de Lagos. Après quelques menus boulots accomplis dans son pays d’accueil notamment à la First Bank du Nigéria, il est retourné en 1984 au bercail pour y démontrer ses talents d’artiste-peintre, option peinture huile sur toile.
Prédisposé pour le troisième art, Joseph Amédokpo est un peintre fécond ayant souvent utilisé des « sacs de farine recyclés, lavés et étirés ». Le peintre de Badougbé fait partie des quatre artistes retenus de l’initiative Dell Product RED lors de la lutte mondiale contre le VIH/ Sida
Inspiré au milieu de la nuit par les rêves ou à partir des récits puisés dans la culture Yoruba ou Ewé voire des rites traditionnels vaudou, Joseph Amédokpo a excellé entre l’abstrait et le figuratif pendant plus de quatre décennies dans son domaine. Outre ses peintures axées sur les villes modernes et des cités industrielles, il avait de la « préférence pour les paysages ruraux » peints de manière simple.
Les œuvres de Joseph Amédokpo ont été un régal visuel dans de nombreuses galeries en Europe, en Asie et en Amérique. Appréciés par les collectionneurs les plus avertis, ses toiles ont été vendues aux enchères. La question qui mérite d’être posée est de se demander si le peintre en a profité ?
«Des toiles, il en a vendues tellement sans en tirer le juste prix, ni en terme d’argent, ni en terme de renommée. Joseph Amédokpo a fait toute sa carrière aux confins de Vogan, sa préfecture natale », tel le constat analysé d’Eric Wonanu, artiste–peintre togolais et curateur d’art.
Spécialiste de la peinture à huile, Joseph N’Koalé Amédokpo avait animé, en juin 2022, à l’hôtel Onomo à Lomé, une exposition collective aux côtés de ses collègues et compatriotes Barnabé Sallah et Gustave Djonda. Il s’agissait d’une initiative de la Galerie Soraya ayant connu la participation de professionnels et amoureux d’art pictural. Osons croire que l’artiste-peintre ait à «titre posthume une reconnaissance de l’héritage qu’il laisse derrière lui».
©Ekoué Satchivi


