
Du 4 au 6 novembre dernier, la ville de Cape Town, en Afrique du Sud, a vibré au rythme du Global DPI Summit 2025, grand rendez-vous mondial dédié aux Infrastructures Publiques Numériques (IPN).
Organisée par Co-Develop, l’Union internationale des télécommunications (UIT), la Banque mondiale, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le Bureau des technologies numériques et émergentes des Nations Unies, cette deuxième édition a réuni plus de 1 200 participants venus de plus de 100 pays autour du thème : « DPI in Practice: Implementing Tomorrow’s Digital Society Today » (Les IPN en pratique : construire la société numérique de demain dès aujourd’hui).
Le sommet s’est ouvert par une cérémonie d’ouverture marquante, avec un discours inaugural du ministre sud-africain des Communications et des Technologies numériques, l’honorable Solly Malatsi. Dans son allocution, il a mis l’accent sur la souveraineté numérique du continent africain et le leadership de l’Afrique en matière de transformation numérique.
Cette ouverture a été suivie d’une discussion de haut niveau réunissant les co-organisateurs du sommet autour du potentiel transformateur des infrastructures publiques numériques. L’Afrique y a réaffirmé son ambition de jouer un rôle moteur dans la transformation numérique mondiale, en positionnant les IPN comme pierre angulaire d’une croissance économique inclusive et d’une prestation de services publics transparente et efficace.
Dans son intervention, CV Madhukar, Directeur général de Co-Develop, a appelé à une action collective pour accélérer la mise en œuvre des IPN. « Nous reconnaissons tous qu’il existe un décalage entre l’innovation et l’adoption. Mais en 2025, alors qu’on parle déjà de missions vers Mars, le statu quo n’est plus acceptable. Entre la conception d’une idée et son impact réel, il ne devrait plus s’écouler autant de temps. Ce que je propose, c’est une action collective : que pouvons-nous faire ensemble pour réduire ce délai de moitié d’ici trois ans ? », a-t-il indiqué.
Quand les médias s’invitent dans le débat sur les infrastructures numériques
Parmi les nombreuses sessions techniques et politiques qui ont marqué le sommet, l’une des plus marquantes fut celle consacrée aux récits médiatiques autour des IPN. Cette session a mis en avant un acteur souvent oublié, mais essentiel de la transformation numérique : le journaliste. À travers leur travail de reportage, d’analyse et de vulgarisation, les journalistes contribuent à rendre accessibles des thématiques complexes telles que la gouvernance des données, l’interopérabilité des systèmes ou encore la souveraineté numérique. Ils permettent ainsi de sensibiliser les citoyens, d’interpeller les décideurs publics et d’encourager la transparence dans la mise en œuvre des politiques numériques.
La session dédiée aux médias s’est appuyée sur les enseignements du programme de bourses de la Media Foundation for West Africa (MFWA) pour l’Afrique de l’Ouest et de celui de la CIPESA pour l’Afrique de l’Est. Ces programmes, soutenus par Co-Develop, ont permis de renforcer les capacités de plusieurs journalistes ouest-africains sur la compréhension et la couverture des Infrastructures Publiques Numériques. Les journalistes formés ont ainsi appris à mieux saisir les enjeux de la transformation numérique inclusive, à analyser les politiques publiques liées aux IPN et à produire des contenus informés et accessibles au grand public.
Le Togo était représenté à cette deuxième édition du Global DPI Summit par Joël Dadzie, journaliste au quotidien Liberté, bénéficiaire de la bourse IPN de la MFWA. Aux côtés de Clinton de Voice FM (Ghana), il a partagé son expérience sur l’impact de ses publications consacrées aux IPN dans son pays. « Les journalistes ont un rôle crucial dans la démocratisation du numérique. En informant le public et en vulgarisant des concepts souvent techniques, nous contribuons à créer un environnement de confiance autour des IPN », a souligné Joël Dadzie lors de son intervention.
Cette session a également été l’occasion de présenter une étude de référence sur la couverture médiatique des IPN en Afrique de l’Est. L’étude a souligné les progrès réalisés, mais aussi les défis persistants : manque de formation technique, rareté des sources fiables, entre autres. Pour Co-Develop et ses partenaires, renforcer la capacité des médias à traiter ces sujets est essentiel pour garantir une transition numérique équitable, transparente et bénéfique à tous.
Durant les trois jours, le sommet a proposé plus de 60 sessions abordant des thématiques variées : entre autres, Dialogue de haut niveau – De la politique à la pratique : mise en œuvre des IPN qui transforment les nations ; Facteurs qui accélèrent ou freinent l’adoption des IPN ; Le rôle des systèmes de paiement instantané pour l’inclusion financière ; L’échange de données et l’interopérabilité de manière percutante ; L’innovation alimentée par l’intelligence artificielle pour la prestation de services publics en Afrique ; Les IPN au service de la transformation agricole et alimentaire ; Les IPN et le climat : meilleures données pour de meilleures décisions environnementales ; Concevoir les IPN pour les femmes et les filles ; sans oublier la session sur la collaboration internationale pour l’interopérabilité des identités numériques et portefeuilles électroniques.
Joël D.




