
La députée de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), Mme Kafui Brigitte Adjamagbo-Johnson, a présenté, samedi 31 janvier 2026, à Lomé, son bilan parlementaire de l’année 2025. Cette rencontre, organisée dans le cadre de son traditionnel exercice de reddition de comptes, a été l’occasion pour la parlementaire de détailler ses actions législatives, ses initiatives de contrôle de l’action gouvernementale et son engagement en faveur des libertés publiques et de l’alternance politique au Togo.
Refus de la 5ᵉ République et boycott des institutions
Tout au long de l’année 2025, la députée a adopté une posture de refus cohérent et assumé face aux mécanismes de légitimation de la Constitution dite de la 5ᵉ République, qu’elle considère comme anticonstitutionnelle et illégitime. Dans ce cadre, elle a boycotté plusieurs événements institutionnels clés.
En mai 2025, l’Assemblée nationale a validé la désignation de la majorité exécutive issue du parti UNIR, un processus jugé par la DMP comme une « négation de la souveraineté populaire ». La députée a organisé une conférence de presse pour dénoncer ce « coup de force institutionnel », refusant de servir de caution à un ordre anticonstitutionnel.
« En refusant d’y participer, la DMP a voulu marquer face à l’opinion publique nationale et internationale, son refus de servir de caution, même indirecte, à des institutions issues d’un processus anticonstitutionnel et rappeler que la légalité ne peut se substituer durablement à la légitimité. La constitution de la 5e République imposée de force a été et demeure rejetée par l’immense majorité des Togolaises et des Togolais, qui exigent le respect de leur souveraineté », a expliqué Adjamagbo-Johnson.
Le 2 décembre 2025, la DMP a également boycotté le Congrès où le Président du conseil, Faure Gnassingbé, a prononcé son discours sur l’état de la Nation. Selon Mme Adjamagbo-Johnson, « on ne peut rendre compte de l’état réel de la Nation dans un cadre institutionnel qui est une négation de la souveraineté populaire. »
Soutien aux mobilisations citoyennes et défense des libertés publiques
La députée a rappelé son soutien constant aux mouvements citoyens, notamment aux manifestations des 6, 26, 27 et 28 juin 2025, qui ont été marquées par la répression violente et des arrestations arbitraires. Elle a également rendu hommage aux jeunes militants et aux victimes de la répression, tout en dénonçant l’inaction de l’Assemblée nationale face à ces violences.
Avec ses collègues du parti ADDI, elle a adressé une question orale au ministre de la Justice sur la situation des jeunes tués lors des manifestations ; le sort des personnes embastillées ; les responsabilités liées à la répression des manifestations pacifiques.
Aucune réponse n’a été apportée à ce jour, illustrant, selon Mme Adjamagbo, « le désintérêt des institutions pour la souveraineté populaire et la protection des citoyens ».
Fidèle à sa méthode, Kafui Brigitte Adjamagbo-Johnson a privilégié une approche de terrain pour le contrôle de l’action gouvernementale. Elle a mené plusieurs visites dans les Centres de santé et de promotion sociale (CMS) de Kodjoviakopé et d’Adakpamé pour constater les conditions d’accueil et les dysfonctionnements.
Elle s’est également rendue dans les écoles primaires de Kélégougan, Massouhoin, Général Gnassingbé Eyadema, Kodomé et Boka, mettant en évidence les carences en infrastructures, l’hygiène et les ressources humaines. Les constats ont été transmis aux ministres concernés via des questions écrites et des rapports officiels à l’Assemblée nationale.
Dans le domaine de l’urbanisme, la députée a visité plusieurs chantiers à Lomé, notamment les boulevards Houphouët-Boigny et Mobutu, et a dénoncé des dysfonctionnements dans l’exécution des projets. Elle a souligné que la réhabilitation des voies urbaines en souffrance depuis quatre ans doit être achevée sans délai.
Budget 2026 : critique d’un désalignement entre besoins et arbitrages
La députée a également pris une part active dans l’étude du budget de l’exercice 2026, relevant un « décalage structurel profond entre les priorités réelles des populations et les arbitrages budgétaires opérés ». Elle a dénoncé un budget dominé par le service de la dette (près de 35 % des recettes) ; des secteurs sociaux sous-financés : éducation (7,7 %), santé (4,3 %), eau et assainissement (0,9 %), justice (0,09 %) ; des entreprises publiques peu contributives malgré leurs performances comme la CEET, la TdE, le Port autonome de Lomé et la SNTP. Face à ces constats, la DMP a adressé 267 questions écrites au gouvernement pour exiger des réponses et défendre les intérêts des populations.
La députée a rappelé que l’action de la DMP en 2025 visait non seulement à défendre les intérêts des citoyens, mais également à préparer le terrain pour la fin du régime et l’alternance démocratique. « Nous continuerons de soutenir toutes les initiatives patriotiques pacifiques visant à défendre la Constitution, les libertés publiques et la dignité du peuple togolais », a-t-elle affirmé, soulignant que le combat parlementaire, la vigilance citoyenne et la liberté de la presse doivent se renforcer mutuellement.
Elle a réitéré son engagement à poursuivre les rencontres de reddition de comptes à l’intérieur du pays, notamment à Notsé, Atakpamé et Kpalimé, et à accompagner tous les groupes citoyens souhaitant contribuer à la transformation du Togo.
Joël D.




