
Aujourd’hui, bien malin qui pourra dire en quelle année exactement cette pratique qui consiste à obliger sournoisement les candidats aux différents examens au Togo à débourser de l’argent pour connaître leur résultat. Alors que pour les dernières élections législatives et régionales, les électeurs ont consulté gratuitement pour connaître leurs centres et bureaux de vote.
Les candidats aux différents examens au Togo doivent-ils se résoudre à débourser 250 FCFA pour savoir s’ils sont admis ou pas le jour de la proclamation quand on sait qu’il est difficile pour quelqu’un qui attend son résultat, de patienter jusqu’au lendemain pour voir affichés ces résultats ?
L’année 2024 n’a pas dérogé à cette pratique qui, de façon cumulée, fait faire des recettes aux initiateurs, sous le regard silencieux et coupable des autorités togolaises. Soit dit en passant, nous avons cherché à savoir si cette pratique existe dans l’hexagone. « Les candidats aux examens et aux concours en France ne payent rien pour consulter les résultats. Les listes sont affichées sur les sites internet des académies scolaires », nous a-t-on assurés.
Au Togo, non seulement les établissements scolaires ne disposent pas de site internet, mais les sites vers lesquels le gouvernement renvoie les candidats semblent condamnés à jouer des tours aux aspirants ; ce qui finit par décourager ceux-ci. Et, désireux d’être rassurés, ils se sentent obligés de passer par la messagerie payante.
Un petit calcul arithmétique permet de se faire une petite idée de ce que devrait rapporter potentiellement cette pratique aux initiateurs, si tous les candidats devraient s’y plier. Ainsi, en considérant qu’aux derniers examens, ce sont 212 407 candidats qui ont passé l’examen du CEPD, 137 321 pour le BEPC, 90 597 pour le Probatoire, et 70 880 pour le BAC2, soit au total 511 205 candidats, on a réalisé que ceux qui ont presqu’imposé cette pratique pourraient s’en sortir avec 127 801 250 FCFA de recettes. Venant majoritairement de mineurs, il y a de quoi s’interroger sur l’objectif poursuivi.
Mais à côté, ce sont des millions de Togolais qui ont consulté via la messagerie sans qu’un franc ne leur soit prélevé lors des élections législatives et régionales. Il nous souvient que dans le but de décongestionner les centres et bureaux de vote, les autorités via la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ont demandé aux électeurs d’envoyer une requête vers un numéro pour être fixé. Et aucun franc n’a été prélevé, parce que la consultation était gratuite. Pourquoi l’Etat togolais ne peut pas instaurer cette méthode lors des examens ?
Avec les taux de réussite très faibles enregistrés cette année au CEPD, au BEPC et au BAC2, nombreux seront les candidats malheureux qui auront poussé des jurons dans les chaumières. Et pourtant, on entend ressasser que le Togo a pour ambition de devenir un hub de la région en matière de connectivité. On a aussi entendu parler de l’e-administration. Mais si pour des questions éducatives majeures, les populations ne peuvent pas consulter les résultats aux examens de façon gratuite, alors ce n’est certainement pas demain la veille. Il serait temps que le gouvernement trouve une autre formule pour les examens prochains. Il y va de sa notoriété.
Godson K.




