{"id":942,"date":"2018-12-17T22:36:46","date_gmt":"2018-12-17T22:36:46","guid":{"rendered":"https:\/\/libertetogo.info\/?p=942"},"modified":"2018-12-17T22:36:46","modified_gmt":"2018-12-17T22:36:46","slug":"perspectives-economiques-de-lafrique-subsaharienne-reprise-et-risques-croissants-cas-du-togo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/perspectives-economiques-de-lafrique-subsaharienne-reprise-et-risques-croissants-cas-du-togo\/economie\/","title":{"rendered":"Perspectives \u00e9conomiques de l\u2019Afrique subsaharienne: Reprise et risques croissants, cas du Togo\u2026"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Jeudi 15 novembre \u00e0 l\u2019Amphi 500 au campus Nord, le repr\u00e9sentant r\u00e9sident du FMI est descendu au sein des \u00e9tudiants de la Facult\u00e9 des sciences \u00e9conomiques et de gestion (FASEG) pour partager avec eux les graphiques issus des Perspectives r\u00e9gionales de l\u2019Afrique au sud du Sahara en g\u00e9n\u00e9ral, et ceux relatifs au Togo en particulier. Relayant les constats de l\u2019institution employeure, Jules Tapsoba Sampawende s\u2019est voulu franc et sans langue de bois\u00a0: \u00ab\u00a0On ne peut pas se d\u00e9velopper avec des taux de croissance actuels\u00a0\u00bb. Et pour atteindre les Objectifs de d\u00e9veloppement durable (ODD), il faudra une croissance plus forte et des financements plus \u00e9lev\u00e9s. Mieux, il faut \u00ab\u00a0agir aujourd\u2019hui pour cr\u00e9er davantage d\u2019emplois dans l\u2019avenir\u00a0\u00bb. <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Cas du Togo<\/strong><\/p>\n<p>Ils ont r\u00e9pondu pr\u00e9sents et la plupart n\u2019ont pas regrett\u00e9 le d\u00e9placement. Ils ont \u00e9t\u00e9 attentifs aux explications du Repr\u00e9sentant r\u00e9sident du FMI qui, moins de 10 mn apr\u00e8s le d\u00e9but de ses explications, a d\u00fb se d\u00e9faire de sa veste pour lutter contre la chaleur dans un amphi\u00a0 truff\u00e9 de climatiseurs, mais dont le fonctionnement peine \u00e0 convaincre. Les \u00e9ventails en mouvement \u00e9taient la preuve par quatre. Mais l\u2019essentiel \u00e9tait pour les \u00e9tudiants de suivre.<\/p>\n<p>Bien que Jules Tapsoba ait termin\u00e9 sa pr\u00e9sentation par le cas pratique du Togo, nous avons pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 commenc\u00e9 par l\u00e0. Pour dire, en reprenant les constats du FMI, que les services de la dette du pays consomment le tiers des recettes. M\u00eame si la croissance devrait s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer \u00e0 environ 5,4% par an \u00e0 moyen terme, il n\u2019existe aucun motif de satisfaction pour les autorit\u00e9s togolaises parce que ce taux est loin derri\u00e8re la moyenne au sein de l\u2019UEMOA. L\u2019inflation restera conforme aux crit\u00e8res de convergence de l\u2019Union, bien que par rapport \u00e0 l\u2019Afrique subsaharienne, ce soit tr\u00e8s bas.<\/p>\n<p>Les recettes fiscales du pays d\u00e9passent les moyennes de l\u2019Union et de l\u2019Afrique subsaharienne et celles, non fiscales ne sont pas mal lotties. Mais paradoxalement, le Togo, bien que consid\u00e9r\u00e9 comme un Etat fragile pauvre en ressources naturelles, d\u00e9passe la moyenne de l\u2019UEMOA en mati\u00e8re de d\u00e9penses courantes depuis 2011 et ce, jusqu\u2019en 2021 au moins, selon les perspectives du FMI\u00a0; ce qui n\u00e9cessite un assainissement budg\u00e9taire. Et la dette publique pourrait descendre en dessous des 50% du PIB en 2024.<\/p>\n<p>Du d\u00e9ficit de la balance courante, il en a aussi \u00e9t\u00e9 question. \u00ab\u00a0<em>Le d\u00e9ficit de la balance courante tomberait sous la barre des 6% du PIB, en raison de la r\u00e9duction des importations de biens d&rsquo;\u00e9quipement publics et de l&rsquo;am\u00e9lioration des exportations\u00a0<\/em>\u00bb, apprend-on. Et sur le graphique, il est ressorti que par rapport \u00e0 l\u2019UEMOA, \u00e0 l\u2019Afrique subsaharienne et aux pays en situation de fragilit\u00e9, le Togo s\u2019arroge le d\u00e9ficit de la balance courante le plus \u00e9lev\u00e9 sur la p\u00e9riode 2011 \u00e0 2019 au moins. ce qui n\u2019est pas normal et qui n\u00e9cessite un assainissement budg\u00e9taire.<\/p>\n<p><strong>Situation en Afrique subsaharienne<\/strong><\/p>\n<p>Les perspectives macro\u00e9conomiques de l\u2019Afrique subsaharienne continuent de s\u2019affermir. La croissance devrait passer de 2,7 % en 2017 \u00e0 3,1 % en 2018, gr\u00e2ce \u00e0 des ajustements des politiques nationales et \u00e0 un environnement ext\u00e9rieur favorable, notamment la persistance d\u2019une croissance soutenue de l\u2019\u00e9conomie mondiale, la hausse des prix des produits de base et des conditions de financement ext\u00e9rieur accommodantes. Si les d\u00e9s\u00e9quilibres budg\u00e9taires sont ma\u00eetris\u00e9s dans bon nombre de pays, l\u2019ajustement a g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9sult\u00e9 d\u2019une hausse des recettes tir\u00e9es des produits de base et de fortes compressions des d\u00e9penses d\u2019\u00e9quipement, et la mobilisation des recettes int\u00e9rieures n\u2019a gu\u00e8re progress\u00e9. \u00c0 moyen terme, et \u00e0 politiques \u00e9conomiques inchang\u00e9es, la croissance devrait s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer pour avoisiner 4 %, soit un niveau trop bas pour cr\u00e9er le nombre d\u2019emplois n\u00e9cessaires afin d\u2019absorber les nouveaux arrivants qui sont attendus sur les march\u00e9s du travail. Les perspectives sont expos\u00e9es \u00e0 des risques de d\u00e9gradation consid\u00e9rables, en particulier l\u2019incertitude \u00e9lev\u00e9e qui plane sur l\u2019\u00e9conomie mondiale. Pour prot\u00e9ger la reprise et acc\u00e9l\u00e9rer la croissance \u00e0 moyen terme, il convient de r\u00e9duire la vuln\u00e9rabilit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la dette et de cr\u00e9er un espace budg\u00e9taire en am\u00e9liorant davantage la mobilisation des recettes int\u00e9rieures et en prenant des mesures qui permettront de r\u00e9aliser une croissance vigoureuse, durable et inclusive.<\/p>\n<p>Dans cette partie du continent, le FMI et son Repr\u00e9sentant, Jules Tapsoba Sampawende estiment que l\u2019environnement ext\u00e9rieur est moins favorable, en ce sens que le co\u00fbt du loyer de l\u2019argent risque d\u2019augmenter dans les mois \u00e0 venir. Ce qui aura un impact sur les pays en d\u00e9veloppement. L\u2019Afrique subsaharienne \u00e9tant subdivis\u00e9e en pays exportateurs de p\u00e9trole, pays riches en ressources naturelles autres que le p\u00e9trole, et en pays pauvres en ces ressources, le FMI pense que la hausse des prix de certains produits de base facilitera la reprise dans les pays exportateurs de p\u00e9trole. Plus concr\u00e8tement, par rapport aux Perspectives \u00e9conomiques mondiales d\u2019avril 2018, celles actuelles indiquent que le p\u00e9trole brut, le gaz naturel, et dans une moindre mesure le charbon et le coton verront leur prix augmenter. Par contre, le fer, l\u2019or, le cuivre, le cacao, le caf\u00e9, le th\u00e9 et le sucre chuteront.<\/p>\n<p>Comme perspectives, les services du FMI projettent une croissance soutenue dans les pays pauvres en ressources naturelles et une reprise mod\u00e9r\u00e9e ailleurs. Par rapport \u00e0 la croissance observ\u00e9e en 2018, elle semble tir\u00e9e par les pays exportateurs de p\u00e9trole. Mais le Repr\u00e9sentant r\u00e9sident pr\u00e9vient qu\u2019une escalade des tensions commerciales pourrait menacer cette reprise. Ce qui augmenterait l\u2019exposition \u00e0 un durcissement inattendu des conditions financi\u00e8res mondiales. Et quand on se rappelle que les obligations souveraines internationales arrivent \u00e0 maturit\u00e9 l\u2019ann\u00e9e prochaine pour les pays pr\u00e9-\u00e9mergents d\u2019Afrique subsaharienne, il y a de quoi s\u2019inqui\u00e9ter pour cette croissance. Parce qu\u2019ils devront consacrer plus de ressources pour honorer leurs dettes.<\/p>\n<p>Mais alors, quels sont les enjeux pour tenir\u00a0? D\u2019abord r\u00e9duire les vuln\u00e9rabilit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la dette. Il est observ\u00e9 que la dette publique d\u00e9tourne les ressources vers ses services, c\u2019est-\u00e0-dire les int\u00e9r\u00eats. Et il devient de plus en plus difficile pour les pays de s\u2019acquitter de leurs obligations. La preuve, en 2014, sur 34 pays, 11 \u00e9taient en risque faible, 17 en risque mod\u00e9r\u00e9, 4 en risque \u00e9lev\u00e9 et 2 en situation de surendettement. Quatre ans plus tard, soit en 2018, ils n\u2019\u00e9taient plus que 5 \u00e0 courir un risque faible d\u2019endettement, 15 en risque mod\u00e9r\u00e9, 8 en risque \u00e9lev\u00e9 et 7 en situation de surendettement. Et le FMI a pu \u00e9tablir, des propos de son Repr\u00e9sentant, que l\u2019am\u00e9lioration de la dynamique de la dette reste in\u00e9gale, la r\u00e9duction \u00e9tant plus prononc\u00e9e chez les pays exportateurs de p\u00e9trole. Mais m\u00eame dans ce cas, il ressort que l\u2019ajustement de la dette repose plus sur une r\u00e9duction des d\u00e9penses que sur une augmentation\/mobilisation des recettes.<\/p>\n<p>Un autre des enjeux consiste \u00e0 faire face aux flux de capitaux. Dans cette rubrique, il est constat\u00e9 une int\u00e9gration financi\u00e8re plus approfondie avec le reste du monde. Ces flux ont \u00e9t\u00e9 plus importants que ceux vers les pays \u00e9mergents.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me enjeu et non des moindres demeure l\u2019accroissement plus rapide des revenus. Le constat est clair, quoiqu\u2019amer\u00a0: \u00ab\u00a0<em>la croissance par habitant \u00e0 moyen terme est trop faible<\/em>\u00a0\u00bb, et ce n\u2019est pas une invention de Jules Tapsoba. Si en 2012-2014, on a observ\u00e9 une tendance encourageante, entre 2015 et 2017, il n\u2019y a eu aucun motif de sastifaction, par rapport aux pays en d\u00e9veloppement d\u2019Asie, d\u2019Am\u00e9rique latine et des Cara\u00efbes, et du Moyen-Orient et d\u2019Asie Centrale. M\u00eame les projections moyennes entre 2020 et 2022 placent cette partie du continent en queue de peloton. Alors que le constat reste sans \u00e9quivoque, et le Repr\u00e9sentant du FMI n\u2019a fait que le r\u00e9p\u00e9ter\u00a0: \u00ab\u00a0<em>pour atteindre les ODD, une croissance plus forte et des financements plus \u00e9lev\u00e9s sont n\u00e9cessaires<\/em>\u00a0\u00bb. Et pour garantir un avenir sans tensions, \u00ab\u00a0<em>il est n\u00e9cessaire d\u2019agir aujourd\u2019hui pour cr\u00e9er davantage d\u2019emplois dans les ann\u00e9es \u00e0 venir<\/em>\u00a0\u00bb. M\u00eame si l\u2019institution reconna\u00eet que la cr\u00e9ation d\u2019emplois est compliqu\u00e9e par l\u2019incertitude entourant la technologie, ce ne doit point \u00eatre un motif pour ne pas agir, \u00e9tant entendu qu\u2019ailleurs dans le monde, d\u2019autres contr\u00e9es y arrivent.<\/p>\n<p>Les services du FMI ont donn\u00e9 les pistes sans occulter certaines r\u00e9alit\u00e9s dont voici l\u2019essentiel\u00a0: la reprise devrait se poursuivre, mais les risques de d\u00e9gradation augmentent\u00a0; la reprise est modeste dans les pays exportateurs de p\u00e9trole, tandis que la plupart des autres pays continuent d\u2019afficher une croissance \u00e9lev\u00e9e\u00a0; les d\u00e9ficits budg\u00e9taires se r\u00e9duisent, mais la qualit\u00e9 de l\u2019ajustement doit \u00eatre am\u00e9lior\u00e9e\u00a0; un ajustement suppl\u00e9mentaire bas\u00e9 sur les recettes est n\u00e9cessaire pour r\u00e9duire les vuln\u00e9rabilit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la dette et cr\u00e9er l\u2019espace n\u00e9cessaire pour les d\u00e9penses de d\u00e9veloppement\u00a0; il est essentiel d\u2019accro\u00eetre la r\u00e9silience et d\u2019augmenter le potentiel de croissance, mais les mesures \u00e0 prendre varient selon les pays\u00a0; am\u00e9liorer les cadres de politiques \u00e9conomiques\u00a0; promouvoir la diversification\u00a0; approfondir l\u2019int\u00e9gration commerciale et financi\u00e8re\u00a0; promouvoir des syst\u00e8mes d\u2019\u00e9ducation flexibles et la connectivit\u00e9 num\u00e9rique\u00a0; promouvoir l\u2019investissement priv\u00e9.<\/p>\n<p><strong><em>Godson K.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Jeudi 15 novembre \u00e0 l\u2019Amphi 500 au campus Nord, le repr\u00e9sentant r\u00e9sident du FMI est descendu au sein des \u00e9tudiants de la Facult\u00e9 des sciences \u00e9conomiques et de gestion (FASEG) pour partager avec eux les graphiques issus des Perspectives r\u00e9gionales de l\u2019Afrique au sud du Sahara en g\u00e9n\u00e9ral, et ceux relatifs au Togo en &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":943,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-942","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/942","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=942"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/942\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":944,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/942\/revisions\/944"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/943"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=942"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=942"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=942"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}