{"id":7597,"date":"2025-11-14T19:14:22","date_gmt":"2025-11-14T19:14:22","guid":{"rendered":"https:\/\/libertetogo.tg\/?p=7597"},"modified":"2025-11-16T19:33:02","modified_gmt":"2025-11-16T19:33:02","slug":"les-circonstances-troublantes-de-la-profanation-de-la-tombe-de-feu-koudoagbo-amenyikou-un-adjoint-au-maire-et-un-chef-quartier-impliques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/les-circonstances-troublantes-de-la-profanation-de-la-tombe-de-feu-koudoagbo-amenyikou-un-adjoint-au-maire-et-un-chef-quartier-impliques\/societe\/","title":{"rendered":"Les circonstances troublantes de la profanation de la tombe de feu Koudoagbo Amenyikou : Un adjoint au maire et un chef quartier impliqu\u00e9s\u2026"},"content":{"rendered":"<p>Dans notre parution N\u00b04045 du mardi 21 octobre 2025, notre r\u00e9daction a fait cas de la profanation de la tombe de feu Koudoagbo Am\u00e9nyikou enterr\u00e9 depuis 1988 dans le canton d\u2019Ago\u00e8-Nyiv\u00e9. Par la suite, nous avons pu consulter l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 du proc\u00e8s-verbal de la Brigade de Recherches et d&rsquo;Investigations (BRI) de la Direction G\u00e9n\u00e9rale de la Police Nationale. Le document, dat\u00e9 du 7 octobre 2025, l\u00e8ve le voile sur les circonstances troublantes de la profanation de la tombe de feu Koudoagbo Amenyikou au cimeti\u00e8re d&rsquo;Ago\u00e8-Nyiv\u00e9.<\/p>\n<p>Les faits : une op\u00e9ration en plein jour<\/p>\n<p>Tout commence le vendredi 3 octobre 2025, aux alentours de 10h 55. Suite \u00e0 un appel t\u00e9l\u00e9phonique anonyme, une \u00e9quipe de la BRI-DGPN se transporte d&rsquo;urgence au cimeti\u00e8re d&rsquo;Ago\u00e8-Nyiv\u00e9 Atsanv\u00e9, en face de l&rsquo;Eglise catholique Marie Theotokos. Sur place, les enqu\u00eateurs d\u00e9couvrent une sc\u00e8ne funeste : trois individus s&rsquo;activent autour d&rsquo;une tombe fra\u00eechement ouverte.<\/p>\n<p>Les mis en cause \u2013 Koudoagbo Kouami (46 ans, revendeur), Agbi Kouami (42 ans, ma\u00e7on) et Kaglan Ayao (43 ans, peintre en b\u00e2timent) \u2013 sont imm\u00e9diatement interpell\u00e9s. Mais le principal protagoniste de cette affaire, Koudoagbo Kodjo Kadevi, 55 ans, adjoint au maire de la commune d&rsquo;Ago\u00e8-Nyiv\u00e9 3, a d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9 les lieux avec un sac contenant les ossements du d\u00e9funt. Il sera appr\u00e9hend\u00e9 quelques heures plus tard au quartier Vakpossito, en face de l&rsquo;Eglise catholique, en possession de la macabre cargaison.<\/p>\n<p>Selon le proc\u00e8s-verbal, l&rsquo;op\u00e9ration n&rsquo;\u00e9tait pas improvis\u00e9e. Des t\u00e9moins oculaires, interrog\u00e9s par la Police, rapportent avoir vu les suspects accompagn\u00e9s d&rsquo;un f\u00e9ticheur. Pour \u00e9loigner les curieux, les int\u00e9ress\u00e9s auraient distribu\u00e9 de l&rsquo;argent \u00e0 des jeunes du quartier, pr\u00e9textant organiser des \u00ab c\u00e9r\u00e9monies \u00bb en l&rsquo;honneur du d\u00e9funt.<\/p>\n<p>C&rsquo;est le bruit assourdissant des marteaux et burins qui alerta les t\u00e9moins. De retour sur les lieux, ces derniers d\u00e9couvrirent avec stup\u00e9faction la tombe d\u00e9molie et le f\u00e9ticheur en train de ramasser les restes osseux du d\u00e9funt Koudoagbo Amenyikou, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 7 mars 1988.<\/p>\n<p>Les versions contradictoires des mis en cause<\/p>\n<p>Face aux enqu\u00eateurs, les suspects ont livr\u00e9 des versions nuanc\u00e9es mais convergentes sur le mobile de leur acte. Koudoagbo Kodjo Kadevi, l&rsquo;adjoint au maire et mandataire de la famille, assume pleinement la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;op\u00e9ration. \u00ab Notre papa est mort en 1988 et nous l&rsquo;avons inhum\u00e9 au cimeti\u00e8re public d&rsquo;Ago\u00e8-Nyiv\u00e9. Depuis quelque temps, nous enregistrons des d\u00e9c\u00e8s au sein de notre famille \u00bb, explique-t-il aux policiers. Selon lui, des consultations coutumi\u00e8res auraient r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que le d\u00e9funt, membre de la famille royale, serait \u00ab f\u00e2ch\u00e9 \u00bb d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 dans un cimeti\u00e8re commun plut\u00f4t qu&rsquo;au palais royal d&rsquo;Ago\u00e8-Nyiv\u00e9m\u00e9. \u00ab Cette ann\u00e9e 2025, trois de mes fr\u00e8res sont morts en l&rsquo;espace de deux mois \u00bb, pr\u00e9cise-t-il pour justifier l&rsquo;urgence de l&rsquo;exhumation. Interrog\u00e9 sur l&rsquo;absence d&rsquo;autorisation administrative, l&rsquo;\u00e9lu local reconna\u00eet son erreur : \u00ab \u00c0 ma qualit\u00e9 d&rsquo;adjoint au maire, je pensais que ma seule pr\u00e9sence suffisait pour faire ce travail. \u00bb<\/p>\n<p>Koudoagbo Kouami, le fr\u00e8re cadet, pr\u00e9sente une version l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rente. Selon lui, il s&rsquo;agissait simplement de \u00ab r\u00e9habiliter \u00bb une tombe en d\u00e9gradation. \u00ab Ces derniers temps, nous avons constat\u00e9 que la tombe de notre feu papa est en d\u00e9gradation. Mon grand fr\u00e8re et moi avons d\u00e9cid\u00e9 de la r\u00e9habiliter \u00bb, affirme-t-il. Il pr\u00e9tend avoir quitt\u00e9 bri\u00e8vement le cimeti\u00e8re pour aller chercher de la bouillie et assure n&rsquo;avoir d\u00e9couvert qu&rsquo;\u00e0 son retour que des ossements avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s par les ma\u00e7ons et confi\u00e9s \u00e0 son fr\u00e8re a\u00een\u00e9.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Agbi Kouami, ma\u00e7on, il se pr\u00e9sente comme un simple ex\u00e9cutant. \u00ab Le nomm\u00e9 Yaovi m&rsquo;a invit\u00e9 \u00e0 les aider \u00e0 entretenir la tombe de leur feu papa qui est inhum\u00e9e depuis 1983. Il m&rsquo;a demand\u00e9 de le faire parce qu&rsquo;elle s&rsquo;est effondr\u00e9e \u00bb, explique-t-il. Il affirme n&rsquo;avoir eu aucun document d&rsquo;autorisation et ne pas avoir su qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une profanation.<\/p>\n<p>Kaglan Ayao, peintre, tient, lui, un discours similaire. \u00ab J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 par M. Koudoagbo, l&rsquo;adjoint au maire, pour la r\u00e9paration de la tombe de leur p\u00e8re d\u00e9funt \u00bb, d\u00e9clare-t-il. Il pr\u00e9cise avoir simplement accompagn\u00e9 son ami sur le lieu et avoir \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 chercher du ciment.<\/p>\n<p>Deux membres de la famille, Koudoagbo Kokou et Koudoagbo Ablavi, ont d\u00e9pos\u00e9 plainte le 6 octobre 2025. Dans leur d\u00e9claration, ils expriment leur \u00ab horreur et stup\u00e9faction \u00bb face \u00e0 la destruction de la tombe de leur feu papa. Ils contestent formellement toute justification coutumi\u00e8re et d\u00e9noncent une \u00ab macabre intention \u00bb de la part de leurs fr\u00e8res. Le proc\u00e8s est attendu le mercredi 5 novembre 2025.<\/p>\n<p>Des charges lourdes<\/p>\n<p>Au terme de l&rsquo;enqu\u00eate, la BRI-DGPN a inculp\u00e9 Koudoagbo Kodjo Kadevi et Koudoagbo Kouami pour profanation de tombe, conform\u00e9ment aux articles 355 et 356 du Nouveau Code P\u00e9nal Togolais. Agbi Kouami et Kaglan Ayao sont poursuivis pour complicit\u00e9 de profanation, en vertu de l&rsquo;article 48 du m\u00eame code.<\/p>\n<p>L&rsquo;ensemble du dossier, compos\u00e9 de neuf proc\u00e8s-verbaux, a \u00e9t\u00e9 transmis le 7 octobre 2025 au Procureur de la R\u00e9publique pr\u00e8s le Tribunal de Grande Instance de Lom\u00e9. Les quatre mis en cause ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s en garde \u00e0 vue du 3 au 5 octobre 2025 avant d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 la justice.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des faits ainsi pr\u00e9sent\u00e9s par le PV, une chose est s\u00fbre, des zones d\u2019ombres subsistent dans cette affaire au vu des versions des mis en causes qui pr\u00e9sentent des nuances sur la motivation, le r\u00f4le exact de chacun et la participation du f\u00e9ticheur. Est-ce qu\u2019il y a des t\u00e9moins qui ont pu confirmer que la tombe mena\u00e7ait de s\u2019effondre comme l\u2019a dit certains des mis en causes ? s\u2019il y avait de la bonne foi derri\u00e8re comme l\u2019a dit le maire adjoint dans sa d\u00e9claration, pourquoi avoir soudoy\u00e9 les jeunes qui \u00e9taient dans le cimeti\u00e8re au moment des faits ? Mieux, la nouvelle tombe dans laquelle devrait reposer les restes \u00e9tait-elle d\u00e9j\u00e0 pr\u00eate ? En plus, comment un adjoint au maire peut-il croire que sa seule pr\u00e9sence en tant qu\u2019\u00e9lu local suffit pour proc\u00e9der \u00e0 cet acte, encore qu\u2019il n\u2019est pas \u00e9lu local de la commune dans laquelle se trouve le cimeti\u00e8re ? Autant d\u2019interrogations qu\u2019il faudra creuser pour faire toute la lumi\u00e8re sur cette affaire.<\/p>\n<p>On apprend aux derni\u00e8res nouvelles, que malgr\u00e9 l\u2019imbroglio autour de cette affaire, certains membres de la famille seraient dans des combines afin de d\u00e9terrer les restes de feu Koudoagbo Amenyikou et proc\u00e9der \u00e0 l\u2019inhumation samedi dans la maison familiale.<\/p>\n<p>La R\u00e9daction de \u00ab Libert\u00e9 \u00bb suit de pr\u00e8s l\u2019\u00e9volution de ce dossier et reviendra sur les suites judiciaires d\u00e8s que de nouveaux \u00e9l\u00e9ments seront disponibles.<\/p>\n<p>Affaire \u00e0 suivre\u2026<\/p>\n<p><strong>Jo\u00ebl D. <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans notre parution N\u00b04045 du mardi 21 octobre 2025, notre r\u00e9daction a fait cas de la profanation de la tombe de feu Koudoagbo Am\u00e9nyikou enterr\u00e9 depuis 1988 dans le canton d\u2019Ago\u00e8-Nyiv\u00e9. 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