{"id":720,"date":"2018-10-14T21:02:49","date_gmt":"2018-10-14T20:02:49","guid":{"rendered":"https:\/\/libertetogo.info\/?p=720"},"modified":"2018-11-04T19:08:32","modified_gmt":"2018-11-04T19:08:32","slug":"togo-debout-interpelle-les-facilitateurs-la-cedeao-lua-lue-et-lonu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/togo-debout-interpelle-les-facilitateurs-la-cedeao-lua-lue-et-lonu\/non-classe\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Togo Debout\u00a0\u00bb interpelle les facilitateurs, la CEDEAO, l\u2019UA, l\u2019UE et l\u2019ONU"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Dans une lettre ouverte adress\u00e9e \u00e0 la communaut\u00e9 internationale, notamment au Comit\u00e9 de suivi de la feuille de route, \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne\u2026 le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) fait l\u2019\u00e9tat des lieux de la crise sociopolitique que traverse le Togo depuis plusieurs ann\u00e9es. Il a rappel\u00e9 les diff\u00e9rentes recommandations issues des rapports nationaux et internationaux et insist\u00e9 sur le fait que le Comit\u00e9 de suivi, la CEDEAO et toute la communaut\u00e9 internationale sont mis devant leurs responsabilit\u00e9s. Le FCTD a formul\u00e9 des exigences, notamment \u00ab\u00a0l\u2019arr\u00eat de toutes les activit\u00e9s men\u00e9es par la CENI ancienne puis leur reprise par la CENI recompos\u00e9e ; l\u2019installation effective de la CENI recompos\u00e9e ; le choix d\u2019une personnalit\u00e9 neutre pour assurer la pr\u00e9sidence de cette Institution, \u00e9tant entendu que le parti pris de l\u2019actuel pr\u00e9sident, le Professeur Kodjona Kadanga est plus que flagrant ; la reprise du recensement g\u00e9n\u00e9ral des populations avec la d\u00e9livrance d\u2019une Carte d\u2019Identit\u00e9 Nationale gratuite \u00e0 chaque Togolais en \u00e2ge de voter ; l\u2019\u00e9laboration d\u2019un chronogramme \u00e9lectoral garantissant des \u00e9lections l\u00e9gislatives \u00e9quitables et transparentes \u00e0 une date raisonnable\u00a0; et la poursuite des r\u00e9formes constitutionnelles, institutionnelles et \u00e9lectorales n\u00e9cessaires \u00e0 la qui\u00e9tude des populations avant l\u2019organisation des joutes \u00e9lectorales\u00a0\u00bb.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Front Citoyen Togo Debout<\/p>\n<p>Lom\u00e9 le 11 octobre 2018<\/p>\n<p>LETTRE OUVERTE<\/p>\n<p>Au Comit\u00e9 de Suivi de la Feuille de route de la Conf\u00e9rence des Chefs d\u2019Etat et de Gouvernement de la Communaut\u00e9 Economique des Etats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO),<\/p>\n<p>Aux Facilitateurs,<\/p>\n<p>A l\u2019Union Africaine (UA),<\/p>\n<p>A l\u2019Union Europ\u00e9enne (UE),<\/p>\n<p>A l\u2019Organisation des Nations-Unies (ONU).<\/p>\n<p>Excellences Messieurs les Responsables et Chefs d\u2019Institutions Internationales,<\/p>\n<p>Le Front Citoyen \u00ab Togo Debout \u00bb (FCTD) a l\u2019honneur de vous exposer ce qui suit :<\/p>\n<ol>\n<li><strong><u>Responsabilit\u00e9 historique de la Communaut\u00e9 Economique des Etats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO) dans la crise togolaise<\/u><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Depuis 2005, le Togo vit une crise larv\u00e9e suite \u00e0 l\u2019accession au pouvoir du pr\u00e9sident Faure GNASSINGBE, dans des conditions dramatiques et en total d\u00e9phasage avec les r\u00e8gles, principes et normes d\u00e9mocratiques. Une \u00e9lection pr\u00e9sidentielle fut impos\u00e9e sur fond de tensions et de divisions, juste pour l\u00e9gitimer le coup de force de la nuit du 05 f\u00e9vrier 2005. Les contestations populaires durement r\u00e9prim\u00e9es par l\u2019arm\u00e9e et les milices au service du r\u00e9gime, ont entra\u00een\u00e9 des morts par centaines et contraint des milliers de Togolais \u00e0 l\u2019exil. La communaut\u00e9 internationale, par l\u2019interm\u00e9diaire de la Communaut\u00e9 Economique des Etats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO), a \u00e9chou\u00e9 dans la pr\u00e9vention des violences post-\u00e9lectorales et la protection de la population civile au Togo. Cette institution garde une responsabilit\u00e9 historique dans ces turbulences survenues en 2005 et malgr\u00e9 les nombreuses irr\u00e9gularit\u00e9s, les violences et violations graves et massives des droits de l\u2019homme qui ont caract\u00e9ris\u00e9 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle d\u2019avril 2005, elle l\u2019avalise estimant que les \u00ab <em>anomalies et les incidents<\/em> \u00bb enregistr\u00e9s lors des op\u00e9rations de vote ne remettaient pas en cause la \u00ab <em>cr\u00e9dibilit\u00e9<\/em> \u00bb du scrutin.<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li><strong><u> Sursaut patriotique des Togolais<\/u><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>En 2006, pour transcender cette situation douloureuse engendr\u00e9e par la succession dynastique au pouvoir et pour consolider la r\u00e9conciliation nationale et la paix sociale, les Togolais ont initi\u00e9 un dialogue qui a abouti \u00e0 la signature de l\u2019Accord Politique Global (APG). Ce document \u00e0 la page 6 et au Point III portant sur \u00ab <em>La poursuite des r\u00e9formes constitutionnelles et institutionnelles n\u00e9cessaires \u00e0 la consolidation de la d\u00e9mocratie, de l\u2019Etat de droit et de la bonne gouvernance<\/em> \u00bb stipule que :<\/p>\n<p><strong>\u00ab <em>Ces r\u00e9formes porteront sur les questions d\u2019int\u00e9r\u00eat national suivantes :<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>&#8211; le fonctionnement r\u00e9gulier des institutions r\u00e9publicaines ;<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>&#8211; le respect des droits humains ;<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>&#8211; la s\u00e9curit\u00e9 et la paix publique ;<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>&#8211; le caract\u00e8re r\u00e9publicain de l\u2019Arm\u00e9e et des Forces de s\u00e9curit\u00e9 ;<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>&#8211; l\u2019\u00e9quit\u00e9 et la transparence des \u00e9lections \u00e0 savoir : les conditions d\u2019\u00e9ligibilit\u00e9, le mode de scrutin, le d\u00e9coupage \u00e9lectoral etc<\/em><\/strong><strong>.\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Et d\u2019ajouter au point \u00ab <strong><em>3.2 \u2013 Les Parties au Dialogue National engagent le Gouvernement \u00e0 \u00e9tudier les propositions de r\u00e9vision constitutionnelle, notamment : la dur\u00e9e et la limitation des mandats pr\u00e9sidentiels, la r\u00e9forme de la Cour Constitutionnelle<\/em><\/strong> \u00bb, <strong>sans oublier la question li\u00e9e au mode de scrutin<\/strong>.<\/p>\n<p>En 2009, la Commission V\u00e9rit\u00e9 Justice et R\u00e9conciliation (CVJR) fut cr\u00e9\u00e9e et dans son rapport rendu en avril 2012 apr\u00e8s trois ann\u00e9es d\u2019intenses activit\u00e9s, cette instance pr\u00e9cise \u00e0 la recommandation 5 que \u00ab <strong><em>les r\u00e9formes institutionnelles en cours doivent notamment viser la mise en place de mesures garantissant de meilleures conditions pour l\u2019alternance d\u00e9mocratique. Il s\u2019en suit que le mandat pr\u00e9sidentiel devra \u00eatre, \u00e0 l\u2019avenir, limit\u00e9. A cet effet, la CVJR recommande le retour \u00e0 la formule originelle de l\u2019article 59 de la constitution du 14 octobre 1992<\/em> \u00bb<\/strong> ; \u00e0 la recommandation 6 que \u00ab <strong><em>des r\u00e9formes en profondeur li\u00e9es aux \u00e9lections et aux conditions de leur organisation devront \u00eatre men\u00e9es<\/em><\/strong> \u00bb ; <strong>ces r\u00e9formes concernent le d\u00e9coupage \u00e9lectoral, le mode de scrutin, le choix des membres des commissions \u00e9lectorales, les garanties de leur ind\u00e9pendance et de leur impartialit\u00e9, le droit de vote des Togolais de la diaspora.<\/strong><\/p>\n<p>En recevant le Premier Volume du Rapport de la CVJR le 03 avril 2012, le Pr\u00e9sident Faure Essozimna GNASSINGBE d\u00e9clarait : \u00ab <strong><em>C\u2019est avec courage et lucidit\u00e9 qu\u2019il nous faudra lire, avant de les tourner, toutes les pages de cette m\u00e9moire controvers\u00e9e pour \u00e9viter le retour des vieux d\u00e9mons\u2026 Le Gouvernement togolais exprime sa ferme conviction que le processus enclench\u00e9 n\u2019a de r\u00e9elle chance d\u2019atteindre l\u2019objectif d\u2019apaisement, de r\u00e9conciliation et de paix que s\u2019il s\u2019accompagne de r\u00e9formes institutionnelles et s\u00e9curitaires renfor\u00e7ant les garanties de non r\u00e9p\u00e9tition des violences, des atteintes aux droits de l\u2019homme et \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique des personnes <\/em>\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p>Ces deux moments forts de l\u2019histoire contemporaine du Togo marquent la volont\u00e9 de ses filles et fils de se faire mutuellement confiance et surtout d\u2019accorder leur cr\u00e9dit \u00e0 l\u2019ex\u00e9cutif et de lui confier les cl\u00e9s pour sortir la nation de cet \u00e9tat d\u00e9l\u00e9t\u00e8re et incertain. La suite leur donnera tort car aucune disposition importante contenue dans l\u2019APG ou le rapport de la CVJR, et relative aux r\u00e9formes institutionnelles, constitutionnelles et \u00e9lectorales, ne sera mise en application. Le FCTD passe sous silence tous les autres accords et engagements rest\u00e9s sans lendemain, \u00e9tant entendu que le Togo est \u00e0 son 27<sup>\u00e8me<\/sup> dialogue.<\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li><strong><u>Point de vue d\u2019acteurs ext\u00e9rieurs \u00e0 la crise togolaise<\/u><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>En dehors des acteurs nationaux, des acteurs ext\u00e9rieurs ont aussi observ\u00e9 la vie de notre nation et le Rapport Final de la Mission d\u2019expertise \u00e9lectorale de l\u2019Union Europ\u00e9enne sur l\u2019Election pr\u00e9sidentielle du 25 avril 2015 (qui reprend des recommandations contenues dans d\u2019autres rapports d\u2019institutions internationales), est particuli\u00e8rement \u00e9difiant. Le FCTD en propose certains passages :<\/p>\n<p>&#8211; Dans le chapitre \u00ab <em>Contexte politique<\/em> \u00bb \u00e0 la page 10, il est dit :<\/p>\n<p>\u00ab <em>R\u00e9clam\u00e9es de longue date par les partis de l\u2019opposition, les discussions sur les r\u00e9formes constitutionnelles et institutionnelles reprennent apr\u00e8s une rencontre en mars 2014 entre le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et le leader de l\u2019opposition. Elles aboutissent \u00e0 la pr\u00e9sentation d\u2019un projet de loi devant le Parlement portant la r\u00e9introduction du scrutin majoritaire \u00e0 deux tours pour l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, la r\u00e9introduction de la limitation \u00e0 deux mandats pr\u00e9sidentiels successifs\u2026 <strong><u>Le projet de loi est cependant rejet\u00e9 le 30 juin 2014 par la majorit\u00e9 parlementaire. En d\u00e9cembre 2014, l\u2019UNIR rejette une proposition de loi par l\u2019opposition reprenant des dispositions similaires<\/u><\/strong><\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Dans le chapitre \u00ab <em>Cadre institutionnel<\/em> \u00bb \u00e0 la page 13, on peut lire<\/strong> :<\/p>\n<p>\u00ab <em>La r\u00e9vision constitutionnelle de 2002 a chang\u00e9 la composition de la Cour Constitutionnelle\u2026 Compte tenu de la domination de l\u2019Assembl\u00e9e nationale par le parti pr\u00e9sidentiel, la question de l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019institution ne cesse d\u2019\u00eatre soulev\u00e9e lorsqu\u2019est abord\u00e9e la question du contentieux<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Dans le chapitre \u00ab <em>Listes \u00e9lectorales<\/em> \u00bb aux pages 25 et 26, il est \u00e9galement mentionn\u00e9<\/strong>:<\/p>\n<p>\u00ab <em>Les travaux du comit\u00e9 ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que plus de 75% des personnes inscrites l\u2019ont \u00e9t\u00e9 sur la base de t\u00e9moignages en l\u2019absence d\u2019un document d\u2019identit\u00e9, induisant l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019une v\u00e9rification formelle de leur \u00e9ligibilit\u00e9. Dans un contexte d\u2019inscription souvent fond\u00e9e sur de simples t\u00e9moignages, les disparit\u00e9s r\u00e9gionales sont tr\u00e8s marqu\u00e9es : <strong>on enregistre ainsi une sur-inscription tr\u00e8s forte dans les r\u00e9gions Centrale et de Kara \u2013 Binah (137%), Bassar (121%), Dankpen (127%), Doufelgou (117%), Kozah (114%), Keran (109%) et Assoli (106%), <u>alors que les taux d\u2019inscription sont beaucoup plus bas dans d\u2019autres pr\u00e9fectures, notamment celles de la R\u00e9gion Maritime<\/u><\/strong><\/em><strong> \u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Dans l\u2019\u00e9nonc\u00e9 des recommandations \u00e0 la page 53, le rapport insiste alors sur<\/strong> : la limitation des mandats pr\u00e9sidentiels et le retour au mode de scrutin majoritaire uninominal \u00e0 deux tours, la r\u00e9forme de la Cour constitutionnelle, assurer \u00e0 moyen terme la distribution gratuite d\u2019une pi\u00e8ce d\u2019identit\u00e9 nationale \u00e0 tout citoyen togolais adulte, inscrire dans la loi l\u2019obligation de proc\u00e9der \u00e0 la publication des r\u00e9sultats d\u00e9taill\u00e9s par BV, seule \u00e0 m\u00eame d\u2019en garantir une v\u00e9ritable tra\u00e7abilit\u00e9 et de permettre aux candidats de documenter leurs \u00e9ventuels recours.<\/p>\n<ol start=\"4\">\n<li><strong> <u>Quel constat font les Togolais et disent-ils\u00a0?<\/u><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>V\u00e9ritable mythe de Sisyphe, la question des r\u00e9formes constitutionnelles, institutionnelles et \u00e9lectorales a donc \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e depuis 2006, sous toutes ses formes, par l\u2019opposition et des acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile dont la neutralit\u00e9 ne souffre d\u2019aucune contestation. Des solutions ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9conis\u00e9es par des acteurs nationaux et ext\u00e9rieurs, mais le pouvoir s\u2019obstine \u00e0 ne pas les mettre en \u0153uvre. <strong>Aujourd\u2019hui, les Togolais veulent prioritairement r\u00e9gler cette question et de fa\u00e7on d\u00e9finitive.<\/strong><\/p>\n<p>Pour les Togolais, il n\u2019est plus question d\u2019envisager une quelconque joute \u00e9lectorale si les conditions minimales qui pr\u00e9sident \u00e0 son organisation ne sont pas r\u00e9unies. Le probl\u00e8me n\u2019est pas celui de la tenue des \u00e9lections, mais celui de leurs conditions d\u2019organisation. <strong>Il y a donc lieu de recentrer le d\u00e9bat, le v\u00e9ritable d\u00e9bat autour de la question des reformes. Ces r\u00e9formes ne sont pas une faveur que le peuple demande, mais un droit d\u00e9mocratique pour un mieux-\u00eatre avec et par des institutions justes. Car de toute \u00e9vidence, les togolais ne sont pas sortis dans les rues pour demander la tenue des \u00e9lections, mais bien plus la mise en \u0153uvre des reformes. En cons\u00e9quence, les \u00e9lections ne doivent en aucun cas \u00eatre pens\u00e9es comme le canal par lequel ces reformes devraient \u00eatre op\u00e9r\u00e9es, mais les \u00e9lections doivent \u00eatre la cons\u00e9quence des reformes : les reformes d\u2019abord, les \u00e9lections ensuite !<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et pour le FCTD, toute autre attitude reste une pr\u00e9m\u00e9ditation \u00e0 conduire le peuple togolais vers des lendemains sombres et incertains.<\/strong><\/p>\n<ol start=\"5\">\n<li><strong><u> La feuille de route de la CEDEAO et sa mise en \u0153uvre <\/u><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Une Commission Electorale Nationale Ind\u00e9pendante (CENI) inclusive et \u00e9quitable, tenant compte des forces politiques en pr\u00e9sence, telle que soutenue par le Comit\u00e9 de suivi, a constitu\u00e9 un premier jalon et a suscit\u00e9 l\u2019espoir quant \u00e0 la volont\u00e9 de la CEDEAO de solutionner d\u00e9finitivement la crise togolaise. Pourtant, les \u00e9v\u00e9nements qui se sont succ\u00e9d\u00e9s depuis le 23 septembre 2018 laissent perplexes plusieurs observateurs de la sc\u00e8ne politique togolaise.<\/p>\n<p>Comment expliquer que la CENI recompos\u00e9e soit toujours bloqu\u00e9e dans son installation et que la CENI ancienne, amput\u00e9e de huit de ses membres et qui a perdu toute sa l\u00e9galit\u00e9 et toute sa l\u00e9gitimit\u00e9 depuis le 23 septembre 2018, continue d\u2019\u00eatre \u00e0 la man\u0153uvre sans que le Comit\u00e9 de suivi ne puisse clairement se prononcer ? Quel message ce Comit\u00e9 veut-il adresser aux citoyens togolais d\u00e9sorient\u00e9s par un appel au recensement lanc\u00e9 par une CENI dont l\u2019obsolescence est \u00e9vidente ? Comment comprendre ce manque de coh\u00e9rence du Comit\u00e9 de suivi qui envoie des observateurs, sur le terrain pour superviser, \u00ab <em>cautionner et donner quitus<\/em> \u00bb \u00e0 un processus de recensement non inclusif et qui frise une v\u00e9ritable mascarade, pr\u00e9lude \u00e0 de vastes fraudes ? Comment interpr\u00e9ter cette posture tr\u00e8s \u00e9quivoque du Comit\u00e9 de suivi de la CEDEAO ?<\/p>\n<p>Si la Facilitation a eu \u00e0 arr\u00eater les travaux de la CENI \u00e0 un moment donn\u00e9, dans ce processus qu\u2019elle a engag\u00e9 et conduit de mani\u00e8re unilat\u00e9rale, quelles garanties pouvant justifier le silence du Comit\u00e9 de suivi a-t-on donn\u00e9es pour que les m\u00eames activit\u00e9s reprennent de mani\u00e8re tout aussi unilat\u00e9rale ? Et m\u00eame si on annonce un audit du fichier \u00e0 la fin du processus, imaginons un entrepreneur, un architecte qui construit un \u00e9difice \u00e0 plusieurs niveaux avec des fondations inadapt\u00e9es et qui vous garantit qu\u2019au moment de mettre la dalle, il va proc\u00e9der aux corrections n\u00e9cessaires ! Quel g\u00e2chis !<\/p>\n<p>Des raisons \u00e9videntes et s\u00e9rieuses donnent lieu \u00e0 ces interrogations d\u2019autant plus qu\u2019avant la question de la CENI, la CEDEAO a montr\u00e9 des insuffisances inqui\u00e9tantes : en effet, en d\u00e9pit de mesures d\u2019apaisement pr\u00e9conis\u00e9es et pr\u00f4n\u00e9es, la CEDEAO demeure incapable d\u2019obtenir la lib\u00e9ration des personnes injustement et arbitrairement d\u00e9tenues par le pouvoir togolais. Pourtant ces mesures d\u2019apaisement pourraient permettre de d\u00e9crisper l\u2019atmosph\u00e8re socio-politique et de conduire les discussions dans un esprit et un climat de confiance. <strong>La CEDEAO semble se soumettre au bon vouloir du r\u00e9gime togolais<\/strong> qui use \u00e0 souhait de son pouvoir de r\u00e9pression et de nuisance et proc\u00e8de de fa\u00e7on tr\u00e8s gradu\u00e9e \u00e0 la lib\u00e9ration de d\u00e9tenus politiques, tels des otages politiques. Au m\u00eame moment, ce r\u00e9gime assure une totale impunit\u00e9 aux miliciens, et de cela, la CEDEAO ne parle pas.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, il arrive d\u2019entendre des diplomates internationaux dire que la Coalition des Quatorze partis politiques de l\u2019opposition togolaise (C14), n\u2019avait pas \u00e9voqu\u00e9 certaines pr\u00e9occupations et que la question du d\u00e9coupage \u00e9lectoral, la question des d\u00e9membrements de la CENI etc. sont des questions nouvelles. Le FCTD les prie de bien vouloir lire l\u2019APG, le Rapport de la CVJR, les Rapports d\u2019expertise et d\u2019observation de l\u2019UE de 2007, 2010, 2013 et 2015. Au demeurant, quelle explication donner aux populations qui ne comprennent pas que dans les localit\u00e9s du sud, il faut 4 fois plus de personnes pour \u00e9lire un d\u00e9put\u00e9 ?<\/p>\n<p>Comment continuer de justifier un d\u00e9coupage qui ent\u00e9rine un principe de discrimination entre des enfants d\u2019une m\u00eame nation et au m\u00e9pris du principe universellement et constitutionnellement admis de \u00ab un homme une voix \u00bb ?<\/p>\n<ol start=\"6\">\n<li><strong><u> La question centrale du d\u00e9coupage \u00e9lectoral<\/u><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>En effet, le d\u00e9coupage \u00e9lectoral comporte des disparit\u00e9s criardes entre le poids d\u00e9mographique et le nombre de si\u00e8ges d\u00e9volus par circonscription \u00e9lectorale d&rsquo;une r\u00e9gion \u00e0 une autre. Prenons l\u2019exemple du r\u00e9sultat national des l\u00e9gislatives du 14 octobre 2007 au Togo. Le Rapport de la Mission d\u2019Observation Electorale de l\u2019Union Europ\u00e9enne (MOEUE) rel\u00e8ve clairement \u00e0 la page 54 ce qui suit :<\/p>\n<p><strong>\u00ab <em>La proportion entre le vote populaire \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale et le nombre de si\u00e8ges attribu\u00e9s n\u2019est pas \u00e9quilibr\u00e9e. Ce d\u00e9s\u00e9quilibre est le r\u00e9sultat du syst\u00e8me \u00e9lectoral adopt\u00e9 et surtout du d\u00e9coupage \u00e9lectoral qui d\u00e9favorise les partis implant\u00e9s dans le sud du pays<\/em> \u00bb.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab <em>Les r\u00e9sultats d\u00e9finitifs annonc\u00e9s par la Cour Constitutionnelle le 30 octobre attribuent 50 si\u00e8ges au RPT (la majorit\u00e9 absolue \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e Nationale) et 924 615 voix, 27 si\u00e8ges et 874 751 voix \u00e0 l\u2019UFC, 4 si\u00e8ges et 193 087 voix au CAR. Loin derri\u00e8re ces partis se situe la CPP avec 43 888 voix, le CDPA avec 38 462 voix, le PDR avec 24 832 voix, le PSR avec 23 182 voix et l\u2019ADDI avec 21 441 voix.<\/em> \u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>En clair, avec environ 900.000 voix, le RPT, parti au pouvoir, s&rsquo;octroie 50 si\u00e8ges sur 81, d\u00e9passant largement la majorit\u00e9 absolue, alors que l&rsquo;opposition se voit cr\u00e9diter de 31 si\u00e8ges avec environ 1.200.000 voix. En moyenne donc, un d\u00e9put\u00e9 RPT repr\u00e9sente 18.000 voix tandis qu&rsquo;un d\u00e9put\u00e9 de l&rsquo;opposition repr\u00e9sente 38.710 voix.<\/strong><\/p>\n<p>Pour corriger cette disparit\u00e9, cette injustice et cette discrimination \u00e9lectorale, la MOEUE a recommand\u00e9 \u00e0 la page 63 de son Rapport :<\/p>\n<p>\u00ab <strong><em>14. Recommandations, Cadre l\u00e9gal et institutionnel : Revoir le d\u00e9coupage \u00e9lectoral afin de r\u00e9\u00e9quilibrer la repr\u00e9sentation des populations&#8230;<\/em><\/strong> \u00bb<\/p>\n<p>La recommandation n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 effective et cette injustice \u00e9lectorale a \u00e9t\u00e9 maintenue jusqu\u2019aux l\u00e9gislatives du 25 juillet 2013 : sur 91 si\u00e8ges en jeu, le parti UNIR, parti au pouvoir, s&rsquo;octroie 62 si\u00e8ges avec 880.824 voix, alors que l&rsquo;opposition dans son ensemble, avec 1.013.930 voix, se voit cr\u00e9diter de 29 si\u00e8ges. En moyenne, un d\u00e9put\u00e9 UNIR est \u00e9lu avec environ 14.000 voix alors qu&rsquo;un d\u00e9put\u00e9 de l&rsquo;opposition parlementaire est \u00e9lu avec environ 28.000 voix, soit le double. Ainsi, avec seulement 81.422 voix en plus, UNIR obtient 33 d\u00e9put\u00e9s de plus que l&rsquo;opposition parlementaire.<\/p>\n<p>Cette situation est une violation flagrante de la Constitution togolaise du 14 octobre 1992 qui, en son article 5, proclame et garantit l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des \u00e9lecteurs et de leurs voix : \u00ab <em>Le suffrage est universel, \u00e9gal et secret.<\/em> \u00bb La recommandation n\u2019\u00e9tant toujours pas mise en \u0153uvre, cette disparit\u00e9 subsiste \u00e0 nos jours.<\/p>\n<p><strong>En marge du dernier sommet France-Afrique, le Pr\u00e9sident fran\u00e7ais Emmanuel MACRON a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il puisse avoir au Togo \u00ab <em>un cadre \u00e9lectoral dans lequel les oppositions puissent s\u2019exprimer, aller devant les urnes avec un processus \u00e9lectoral qui doit faire l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le, d\u2019une v\u00e9rification pour s\u2019assurer de sa sinc\u00e9rit\u00e9<\/em> \u00bb.<\/strong> <strong>Tel n\u2019est pas le cas et il faut avoir le courage de le dire, et pas dans un langage diplomatique.<\/strong><\/p>\n<p>Certes, la diplomatie internationale et celle de la CEDEAO semblent \u00eatre embarrass\u00e9es par l\u2019attitude <strong><em>\u00ab jusqu\u2019auboutiste<\/em><\/strong> \u00bb du r\u00e9gime togolais qui ne veut pas se d\u00e9partir de sa logique de conservation du pouvoir. Pourtant, elles devraient persister dans leur volont\u00e9 de soutenir le peuple dans sa qu\u00eate l\u00e9gitime de libert\u00e9 et de dignit\u00e9. En revanche, cette diplomatie ne devrait pas exiger des acteurs politiques qu\u2019ils aillent aux \u00e9lections l\u00e9gislatives en arguant du fait que le pouvoir a bien voulu faire des concessions qu\u2019il vaudrait mieux consolider et ensuite poursuivre les n\u00e9gociations. Si le r\u00e9gime conc\u00e8de la limitation des mandats pr\u00e9sidentiels et le scrutin \u00e0 deux tours pour l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, mais conserve toute sa capacit\u00e9 de fraude par le fichier \u00e9lectoral ou par le d\u00e9coupage, avec \u00e0 sa disposition toutes les ressources humaines et financi\u00e8res par une exploitation extr\u00eamement abusive de l\u2019appareil d\u2019Etat, en 2020, le peuple togolais n\u2019aura que ses yeux pour pleurer. Ce r\u00e9gime disposera d\u2019au moins dix longues ann\u00e9es jusqu\u2019en 2030 pour se consolider.<\/p>\n<p><strong>En tout \u00e9tat de cause, le peuple ne va plus brader sa lutte pour l\u2019av\u00e8nement de la d\u00e9mocratie et l\u2019Etat de droit. Nul ne lui imposera plus un processus \u00e9lectoral mal pr\u00e9par\u00e9 comme en 2005. Les m\u00eames causes produisant les m\u00eames effets, nous continuons \u00e0 exiger des r\u00e9formes substantielles, gages d\u2019une v\u00e9ritable nation d\u00e9mocratique au sein d\u2019une communaut\u00e9 qui ambitionne de devenir \u00e0 l\u2019Horizon 2020 la CEDEAO des Peuples. Le Comit\u00e9 de suivi, la CEDEAO et toute la communaut\u00e9 internationale sont mises devant leur responsabilit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et c\u2019est pour le FCTD, l\u2019occasion de r\u00e9affirmer haut et fort que la crise actuelle ne doit pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme une querelle de politique politicienne entre l\u2019opposition et le pouvoir, mais la lutte d\u2019un peuple pour retrouver sa libert\u00e9 et sa dignit\u00e9 confisqu\u00e9es et bafou\u00e9es pendant plus d\u2019un demi-si\u00e8cle par une dictature unique et inique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Solennellement le FCTD demande donc :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>l\u2019arr\u00eat de toutes les activit\u00e9s men\u00e9es par la CENI ancienne puis leur reprise par la CENI recompos\u00e9e ;<\/strong><\/li>\n<li><strong>l\u2019installation effective de la CENI recompos\u00e9e ;<\/strong><\/li>\n<li><strong>le choix d\u2019une personnalit\u00e9 neutre pour assurer la pr\u00e9sidence de cette Institution, \u00e9tant entendu que le parti-pris de l\u2019actuel pr\u00e9sident, le Professeur KODJONA KADANGA est plus que flagrant ;<\/strong><\/li>\n<li><strong>la reprise du recensement g\u00e9n\u00e9ral des populations avec la d\u00e9livrance d\u2019une Carte d\u2019Identit\u00e9 Nationale gratuite \u00e0 chaque Togolais en \u00e2ge de voter ;<\/strong><\/li>\n<li><strong>l\u2019\u00e9laboration d\u2019un chronogramme \u00e9lectoral garantissant des \u00e9lections l\u00e9gislatives \u00e9quitables et transparentes \u00e0 une date raisonnable ;<\/strong><\/li>\n<li><strong>la poursuite des r\u00e9formes constitutionnelles, institutionnelles et \u00e9lectorales n\u00e9cessaires \u00e0 la qui\u00e9tude des populations avant l\u2019organisation des joutes \u00e9lectorales.<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>C\u2019est aussi le lieu, plus que jamais, de convoquer notre engagement citoyen tir\u00e9 de l\u2019Hymne national du Togo \u00ab <em>Terre de nos a\u00efeux<\/em> \u00bb :<\/p>\n<p>\u00ab Que viennent les tyrans, Ton c\u0153ur soupire vers la libert\u00e9.<\/p>\n<p>Togo debout, Luttons sans d\u00e9faillance.<\/p>\n<p>Vainquons ou mourons, Mais dans la dignit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Pour le Front Citoyen \u00ab Togo Debout \u00bb,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Professeur David Ekou\u00e9 DOSSEH<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Dans une lettre ouverte adress\u00e9e \u00e0 la communaut\u00e9 internationale, notamment au Comit\u00e9 de suivi de la feuille de route, \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne\u2026 le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) fait l\u2019\u00e9tat des lieux de la crise sociopolitique que traverse le Togo depuis plusieurs ann\u00e9es. Il a rappel\u00e9 les diff\u00e9rentes recommandations issues des rapports nationaux et &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":762,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,4],"tags":[15,189,143,187,188],"class_list":["post-720","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe","category-politique","tag-cedeao","tag-onu","tag-togo-debout","tag-ua","tag-ue"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/720","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=720"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/720\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":722,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/720\/revisions\/722"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/762"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=720"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=720"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=720"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}