{"id":4355,"date":"2021-11-27T10:57:46","date_gmt":"2021-11-27T10:57:46","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/libertetogo\/?p=4355"},"modified":"2021-11-27T10:57:46","modified_gmt":"2021-11-27T10:57:46","slug":"performance-logistique-la-corruption-et-les-passe-droits-handicapent-le-togo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/performance-logistique-la-corruption-et-les-passe-droits-handicapent-le-togo\/edito\/","title":{"rendered":"Performance logistique : La corruption et les passe-droits handicapent le Togo\u2026"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Les dirigeants africains de nombreux pays africains sont \u00ab fiers \u00bb d\u2019annoncer qu\u2019ils ont pu obtenir des pr\u00eats et dons \u00ab gratuitement \u00bb. Or, la r\u00e9alit\u00e9 veut que ces pr\u00eats octroy\u00e9s parfois \u00e0 des conditions dites concessionnelles, cachent souvent des conditionnalit\u00e9s politiques et de pertes de souverainet\u00e9 nationale qu\u2019ignorent les peuples africains<\/em><\/strong>.<\/p>\n<p>Les dirigeants africains de nombreux pays africains sont \u00ab fiers \u00bb d\u2019annoncer qu\u2019ils ont pu obtenir des pr\u00eats et dons \u00ab gratuitement \u00bb. Or, la r\u00e9alit\u00e9 veut que ces pr\u00eats octroy\u00e9s parfois \u00e0 des conditions dites concessionnelles, cachent souvent des conditionnalit\u00e9s politiques et de pertes de souverainet\u00e9 nationale qu\u2019ignorent les peuples africains.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019\u00e0 partir d\u2019un projet r\u00e9gional d\u2019infrastructures entre le Burkina-Faso, le Niger et le Togo, il est possible mieux appr\u00e9hender l\u2019engagement des Etats africains en s\u2019appesantissant sur leur apport effectif dans le projet. L\u2019objet \u00e9tait pour le principal bailleur de fonds, qu\u2019est le Groupe de la Banque mondiale, de contribuer \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de la performance logistique dans les trois pays.<\/p>\n<p>Mais, les instruments qui fondent la performance logistique ont un d\u00e9faut majeur et sont orient\u00e9s pour faciliter une meilleure pr\u00e9paration de potentiels investisseurs, souvent \u00e9trangers. Mais la r\u00e9alit\u00e9 est que ces indices de la performance logistique ont conduit \u00e0 une \u00ab augmentation exponentielle des \u00ab passe-droits \u00bb et des collusions de tous genres entre les pouvoirs en place et les potentiels investisseurs, le tout aux d\u00e9pens des peuples africains. Le cas du Togo est symptomatique car aux dirigeants politiques, il faut rajouter le r\u00f4le d\u2019affairistes des militaires et de certains responsables de l\u2019opposition togolaise, non sans oublier les \u00ab avocats, les juges et les notaires \u00bb qui vivent de ce syst\u00e8me de corruption institutionnalis\u00e9.<\/p>\n<p>Il importe donc de red\u00e9finir la performance logistique dans un contexte africain et de s\u2019interroger sur le sens profond de ce que doit rev\u00eatir une performance logistique efficiente. Celle-ci doit pouvoir offrir un indice de convivialit\u00e9 si elle est mesur\u00e9e \u00e0 l\u2019aune des cr\u00e9ations d\u2019emplois d\u00e9cents en Afrique. Or, pour le cas du Togo, la performance logistique togolaise est en retard sur la plupart des pays voisins, tous des pays d\u00e9mocratiques qui ont connu une alternance politique sur la base de la v\u00e9rit\u00e9 des urnes. La question est de savoir si la performance logistique au Togo r\u00e9pond au crit\u00e8re de la convivialit\u00e9 ? Et si oui, \u00e0 qui cela profite ? Vraisemblablement, pas encore au peuple togolais ! Alors, peut-on affirmer que la performance logistique ne profite pas au Peuple togolais ?<\/p>\n<ol>\n<li><strong> Un projet r\u00e9gional d\u2019infrastructures avec un apport lilliputien des Etats africains<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Le 15 juillet 2021, le Burkina-Faso, le Niger et le Togo ont vu leur projet de \u00ab Corridor Lom\u00e9 Ouagadougou Niamey \u00bb \u00eatre approuv\u00e9 avec 470 millions de dollars des Etats-Unis ($EU), soit approximativement 281 milliards FCFA ou 404 millions d\u2019Euros. Ce projet sans engagement financier des Etats africains est financ\u00e9 totalement sur \u00ab endettement \u00bb et \u00ab conditionnalit\u00e9s \u00bb non d\u00e9voil\u00e9es et appel\u00e9es pudiquement \u00ab dons \u00bb. La structuration est simple : 50 % de pr\u00eat et de 50 % de dons.<\/p>\n<p>C\u2019est le conseil d\u2019administration de la Banque mondiale qui a approuv\u00e9 ce projet r\u00e9gional impliquant ces trois pays avec pr\u00e8s de 1.065 km d\u2019infrastructures li\u00e9es au transport routier dit \u00ab corridor Lom\u00e9-Ouagadougou-Niamey \u00bb.<\/p>\n<p>Le 27 octobre 2021, la Banque mondiale a d\u00e9caiss\u00e9 un peu plus de la moiti\u00e9, pr\u00e8s de 56 % du montant total du projet au Burkina Faso, \u00e0 Ouagadougou, avec 145 milliards de FCFA soit 266 millions de $EU, soit !<\/p>\n<p>Le Burkina Faso s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 avoir deux principaux r\u00e9sultats :<\/p>\n<p>-mettre en \u0153uvre un \u00ab corridor intelligent \u00bb d\u2019interconnexion \u00e0 travers le d\u00e9ploiement d\u2019un syst\u00e8me int\u00e9gr\u00e9 d\u2019informations sur les transports le long du corridor ; et<\/p>\n<p>-construire des infrastructures communautaires pour renforcer la r\u00e9silience des populations dans la zone d\u2019influence du corridor.<\/p>\n<p>Le Niger se verra attribuer 136 millions de $EU sur les 470 millions $EU approuv\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour la partie togolaise du Corridor Lom\u00e9-Ouagadougou-Niamey, la Banque mondiale a allou\u00e9 120 millions USD au Togo, soit 68 milliards de FCFA. Le financement qui se d\u00e9compose en deux parties, a pour objet :<\/p>\n<p>-d\u2019am\u00e9liorer la connectivit\u00e9 du transport terrestre et augmenter le volume d\u2019\u00e9changes intra-r\u00e9gionaux en am\u00e9liorant la performance logistique (transport maritime\/transport terrestre) tout en am\u00e9liorant le taux d\u2019utilisation de trois infrastructures principales du Togo :<\/p>\n<p>-Le Port Autonome de Lom\u00e9 ;<\/p>\n<p>-La Plateforme Industrielle d\u2019Ad\u00e9tikop\u00e9 (PIA) ;<\/p>\n<p>-Le port sec qui lui est attach\u00e9 ; et<\/p>\n<p>-de r\u00e9aliser des travaux annexes de r\u00e9habilitation (route Aouda-Kara) et (Lom\u00e9 Cinkass\u00e9), d\u2019am\u00e9lioration de la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re (piste d\u2019acc\u00e8s aux agropoles de Kara et de l\u2019Oti), et la construction de parkings le long du corridor\u2026<\/p>\n<p>L\u2019objectif pour le Togo est de devenir un hub logistique r\u00e9gional. Mais cela ne peut se faire sans les infrastructures et la vitesse d\u2019ex\u00e9cution qu\u2019il est possible de r\u00e9sumer sous l\u2019appellation \u00ab performance logistique \u00bb.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, la contribution effective des Etats demeure floue et surtout se limiterait \u00e0 des apports en nature. O\u00f9 se trouvent la \u00ab volont\u00e9 \u00bb, \u00ab l\u2019engagement \u00bb des dirigeants africains concern\u00e9s ? Pourquoi l\u2019audit des pr\u00e9c\u00e9dents pr\u00eats et dons effectu\u00e9s par la Banque mondiale ou d\u2019autres bailleurs de fonds multilat\u00e9raux et bilat\u00e9raux ne r\u00e9v\u00e8le pas les co\u00fbts r\u00e9els en fin d\u2019ex\u00e9cution du projet et la r\u00e9alit\u00e9 de la qualit\u00e9 de l\u2019ex\u00e9cution faite souvent dans des conditions difficiles \u00e0 \u00e9valuer par des auditeurs ind\u00e9pendants et externes.<\/p>\n<p>Le co\u00fbt au km d\u2019une route dans un de ces pays se situerait loin d\u2019un prix comp\u00e9titif, voire tr\u00e8s loin. Les estimations se situeraient entre 2 fois plus et 7 fois plus\u2026. En guise d\u2019information, le prix moyen du kilom\u00e8tre de route bitum\u00e9e au Cameroun est estim\u00e9 \u00e0 environ 205 millions de francs CFA (soit 294.582 Euros, ou 253.340 $EU). En comparaison, le prix moyen en Afrique pour un km de route bitum\u00e9e se situerait autour de 100 millions de francs CFA (soit 143.699 Euros ou 123.581 Euros). Le prix du km d\u2019une route au Cameroun s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00eatre le double de la moyenne africaine.<\/p>\n<p>Au Togo, les 14,1 km de route pour le contournement du Grand Lom\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 budg\u00e9tis\u00e9 autour de 34 milliards de FCFA et devait s\u2019ex\u00e9cuter en 3 ans, entre 2011 et 2014. Les d\u00e9passements en temps et au budget non comptabilis\u00e9s, un kilom\u00e8tre de route bitum\u00e9e \u00e9quip\u00e9e au Togo couterait autour de 2,4 milliards de FCFA, soit 3,67 millions d\u2019Euro (soit 3,16 millions de $EU). Autrement dit, une route de 1 km bitum\u00e9e dans la capitale togolaise co\u00fbterait pr\u00e8s de 12,4 fois plus qu\u2019une route bitum\u00e9e au Cameroun. En l\u2019absence des donn\u00e9es publi\u00e9es et fiables du Gouvernement togolais, il est difficile de proc\u00e9der \u00e0 des v\u00e9rifications ind\u00e9pendantes. Mais, il y a un probl\u00e8me que la Banque mondiale n\u2019a pas vu, ne veut pas voir, dont elle ne parlera pas et surtout n\u2019a rien entendu. Une amn\u00e9sie multiforme bien f\u00e2cheuse pour les donneurs de le\u00e7ons sur la transparence.<\/p>\n<p>La corruption, la non-transparence et l\u2019impunit\u00e9 sont pass\u00e9es par l\u00e0. Alors comment l\u2019am\u00e9lioration \u00e9ventuelle de la performance logistique d\u2019un pays pourrait contribuer \u00e0 un saut qualitatif quand d\u2019autres acteurs comme les militaires charg\u00e9s de la s\u00e9curit\u00e9 des \u00e9changes sur les axes routiers consid\u00e8rent qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un gagne-pain suppl\u00e9mentaire qui s\u2019obtient en marge des r\u00e8gles du droit et de la libre-circulation des biens, des capitaux et des services.<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li><strong> Red\u00e9finir la performance logistique dans un contexte africain<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>La performance logistique peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un sous-ensemble de la notion plus large de performance d\u2019une organisation, que ce soit une entreprise, ou un Etat. Selon les \u00e9conomistes sp\u00e9cialis\u00e9s en management, Gleason, Barnum et Gleason dans le cadre d\u2019\u00e9tudes sur les indicateurs de performance dans le transport urbain et les mesures de la productivit\u00e9 du secteur public, il importe de faire la distinction entre les notions d\u2019efficacit\u00e9 d\u2019une part, et d\u2019efficience d\u2019autre part. L\u2019efficacit\u00e9 se d\u00e9finirait alors comme \u00ab la mesure dans laquelle un objectif a \u00e9t\u00e9 atteint \u00bb, tandis que l\u2019efficience serait d\u00e9finie comme \u00ab la mesure dans laquelle les ressources ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es de mani\u00e8re \u00e9conomique ou effective\u00bb.<\/p>\n<p>En d\u2019autres termes, la r\u00e9alit\u00e9 sur le terrain en Afrique est de mesurer l\u2019efficience, c\u2019est-\u00e0-dire ne pas se contenter de d\u00e9penser l\u2019argent venu d\u2019ailleurs sous conditionnalit\u00e9s inconnues, mais de s\u2019assurer que le budget affect\u00e9, les d\u00e9lais planifi\u00e9s et la qualit\u00e9 du travail fini sont au rendez-vous pour les populations, c\u2019est-\u00e0-dire que la r\u00e9alisation seule, bien ou mal effectu\u00e9e, ne suffit pas. Pourtant c\u2019est ce que clament sous tous les toits la plupart des dirigeants africains qui montrent dans les publi-reportages des \u00ab r\u00e9alisations \u00bb qui endettent le pays sur des dizaines d\u2019ann\u00e9es et permettent de donner une image d\u2019honorabilit\u00e9 et de discr\u00e9tion \u00e0 la corruption macro-\u00e9conomique d\u2019envergure.<\/p>\n<p>Si la performance doit venir compl\u00e9ter la notion d\u2019efficacit\u00e9, d\u2019efficience, il faut alors y rajouter les notions de qualit\u00e9 dans la dur\u00e9e sans externalit\u00e9 environnementale, une productivit\u00e9 globale facilement auditable, la qualit\u00e9 de vie des travailleurs et l\u2019am\u00e9lioration de leur pouvoir d\u2019achat notamment en termes de salaires, mais aussi en termes de s\u00e9curit\u00e9, et enfin que le contenu technologique et l\u2019innovation aient pu avoir lieu au profit des populations locales, avec en prime un ratio co\u00fbt-avantage et\/ou co\u00fbt-efficience positif, en rapport avec le budget affect\u00e9 et la rentabilit\u00e9 indirect du projet.<\/p>\n<p>Il n\u2019est donc plus question de parler de \u00ab projet \u00bb isol\u00e9, mais bien d\u2019une chaine de valeur autour de plusieurs projets interd\u00e9pendants dans l\u2019infrastructure et ayant pour objet l\u2019am\u00e9lioration de la performance logistique, avec en filigrane, la logistique comme un r\u00e9seau vertical et horizontal d\u2019approvisionnement et d\u2019ex\u00e9cution de travaux et compos\u00e9 d\u2019un grand nombre d\u2019organisations structur\u00e9es sous forme d\u2019une agglom\u00e9ration de comp\u00e9tences. C\u2019est donc bien la notion de \u00ab chaines interd\u00e9pendantes de valeurs ajout\u00e9es \u00bb qui devra servir de fondement \u00e0 la compr\u00e9hension de la notion de performance logistique pour un pays ou une organisation. Il s\u2019agit en principe, de la mani\u00e8re la plus efficiente possible, donc aussi rapide possible, d\u2019assurer l\u2019acheminement de biens et services d\u2019un point d\u2019entr\u00e9e \u00e0 un point de sortie, ce qui suppose des infrastructures de facilitation des transactions et des \u00e9changes et une administration facilitant les passages d\u2019un point nodal \u00e0 un autre, ce sans bureaucratie ou emb\u00eatement excessif ou confiscatoire.<\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li><strong> La performance logistique de la Banque mondiale : un indice de convivialit\u00e9<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Selon le Groupe de la Banque mondiale, l\u2019indice de performance logistique (IPL) est un \u00ab outil d\u2019analyse comparative interactif cr\u00e9\u00e9 pour aider les pays \u00e0 identifier les d\u00e9fis et les opportunit\u00e9s auxquels ils sont confront\u00e9s dans leur performance en mati\u00e8re de logistique commerciale et ce qu\u2019ils peuvent faire pour am\u00e9liorer leur performance. L\u2019IPL 2018 permet d\u2019\u00e9tablir des comparaisons entre 160 pays. L\u2019IPV repose sur une enqu\u00eate mondiale men\u00e9e aupr\u00e8s d\u2019op\u00e9rateurs sur le terrain (transitaires et transporteurs express mondiaux), qui donnent leur avis sur la \u00ab convivialit\u00e9 \u00bb logistique des pays dans lesquels ils op\u00e8rent et de ceux avec lesquels ils commercent. Ils combinent une connaissance approfondie des pays dans lesquels ils op\u00e8rent avec des \u00e9valuations qualitatives \u00e9clair\u00e9es des autres pays o\u00f9 ils commercent et une exp\u00e9rience de l\u2019environnement logistique mondial. Les commentaires des op\u00e9rateurs sont compl\u00e9t\u00e9s par des donn\u00e9es quantitatives sur la performance des composants cl\u00e9s de la cha\u00eene logistique dans le pays de travail \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019IPV se compose donc de mesures qualitatives et quantitatives et permet d\u2019\u00e9tablir des profils de convivialit\u00e9 logistique pour ces pays. Il mesure les performances tout au long de la cha\u00eene d\u2019approvisionnement logistique dans un pays et offre deux perspectives diff\u00e9rentes \u00e0 savoir internationale et nationale :<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-des \u00e9valuations qualitatives d\u2019un pays dans six domaines pour tous les intervenants ou partenaires ext\u00e9rieurs au pays ;<\/p>\n<p>-des \u00e9valuations qualitatives et quantitatives du pays par des professionnels de la logistique travaillant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays avec des informations d\u00e9taill\u00e9es sur l\u2019environnement logistique, les processus logistiques de base, les institutions, ainsi que des donn\u00e9es sur les d\u00e9lais et les co\u00fbts de performance, etc.<\/p>\n<p>L\u2019indice de performance logistique est un outil d\u2019analyse comparative interactif cr\u00e9\u00e9 pour aider les pays \u00e0 identifier les d\u00e9fis et les opportunit\u00e9s auxquels ils sont confront\u00e9s dans leur performance en mati\u00e8re de logistique commerciale et ce qu\u2019ils peuvent faire pour am\u00e9liorer leur performance.<\/p>\n<p>Les mesures qualitatives et quantitatives de la logistique que ce soit pour une organisation, une entreprise ou un Etat devront comprendre au moins la satisfaction du client\/usager\/citoyen, la qualit\u00e9 du produit\/projet\/service, etc.<\/p>\n<p>Les mesures quantitatives comprennent le d\u00e9lai de la commande \u00e0 la livraison, le temps de r\u00e9ponse de la cha\u00eene d\u2019approvisionnement, la flexibilit\u00e9, l\u2019utilisation des ressources, les performances de livraison, l\u2019introduction de contenu technologique ou d\u2019innovation, la s\u00e9curit\u00e9, l\u2019am\u00e9lioration du pouvoir d\u2019achat des travailleurs engag\u00e9s dans le projet, etc. Pour les points n\u00e9gatifs, il importe de demander l\u2019avis de toutes les parties prenantes, notamment sur les effets n\u00e9gatifs sur la biodiversit\u00e9, la pr\u00e9servation de l\u2019environnement, les pollutions diverses (sonores, esth\u00e9tiques, chimiques et autres) \u2026 et leurs co\u00fbts qui ne peuvent \u00eatre r\u00e9percut\u00e9s d\u2019office sur un Etat qui ne les prend pas en charge dans les faits.<\/p>\n<p>Les indicateurs de performance logistique reposent sur un processus complexe de la logistique et sont divis\u00e9s en domaines o\u00f9 la qualit\u00e9 offerte (produit ou service) doit \u00eatre au top, ce sur le long-terme. La performance logistique t\u00e9moigne strat\u00e9giquement de la capacit\u00e9 d\u2019un Etat, d\u2019une organisation ou d\u2019une entreprise \u00e0 \u00eatre agile, flexible, r\u00e9active tout en ayant un niveau \u00e9lev\u00e9 de qualit\u00e9, le tout dans un processus o\u00f9 la performance est en constante am\u00e9lioration, sans pour autant perdre de vue la rentabilit\u00e9 et le positionnement par rapport \u00e0 la concurrence.<\/p>\n<p>Conscients de l\u2019importance de la mesure de performance logistique, de nombreux op\u00e9rateurs priv\u00e9s, et parfois l\u2019Etat, s\u2019organisent pour am\u00e9liorer leur efficience en investissant d\u2019importantes ressources financi\u00e8res, techniques et humaines dans les outils modernes financiers et non financiers, sans que la transparence des comptes publics puisse faire l\u2019objet d\u2019une \u00e9valuation ex-post ind\u00e9pendante.<\/p>\n<p>Il est estim\u00e9 que les co\u00fbts logistiques repr\u00e9sentent 18 % \u00e0 23 % des co\u00fbts totaux de production, mais en Afrique o\u00f9 la bureaucratie et les passe-droits font office de droit commun, les co\u00fbts logistiques peuvent varier entre 40 % et 50 % d\u2019un projet. L\u2019optimisation d\u2019un intervalle de la cha\u00eene logistique peut devenir un d\u00e9fi en soi si l\u2019environnement des affaires, le r\u00f4le non-\u00e9thique des agents de s\u00e9curit\u00e9, souvent des militaires \u00ab d\u00e9froqu\u00e9s \u00bb ou pas, deviennent des agents hors-la-loi dans l\u2019usurpation des valeurs ajout\u00e9es cr\u00e9\u00e9es, ce sans contreparties.<\/p>\n<p>Mais, il existe aussi beaucoup d\u2019agents ind\u00e9licats de l\u2019Etat qui ont institu\u00e9 la corruption et l\u2019usurpation du bien ou du travail d\u2019autrui au rang d\u2019un sport national, l\u00e9gitim\u00e9 par le plus haut sommet de l\u2019Etat. Bien s\u00fbr tout ceci ne se fait pas en vase clos, ou sans incitation de certaines entreprises multinationales, voire d\u2019acteurs politiques de premier plan dans les pays \u00e9trangers -parfois en campagne \u00e9lectorale-, souvent issus des anciennes puissances coloniales ou post-coloniales, il n\u2019est pas possible de retrouver des niveaux de co\u00fbts comp\u00e9titifs tant au niveau de chaque n\u0153ud logistique que de l\u2019ensemble du processus de la chaine de valeur autour de la performance logistique.<\/p>\n<p>Autrement dit, on a assist\u00e9 en Afrique, mais surtout dans les pays francophones africains, \u00e0 une reconversion d\u2019une forme classique de la postcolonie en une forme nouvelle de sous-traitance postcoloniale, o\u00f9 ce sont certains dirigeants africains, qui s\u2019\u00e9vertuent \u00e0 faire le travail de l\u2019exploitation des richesses et des humains, effectu\u00e9s d\u2019antan par les ex-propri\u00e9taires d\u2019esclaves, puis des ex-colonisateurs, aujourd\u2019hui, des dirigeants non africains usant et abusant des \u00abaides\u00bb, \u00abdons\u00bb et autres subterfuges pour imposer des conditionnalit\u00e9s permettant dans des contrats l\u00e9onins pour les peuples africains et avec l\u2019aval de certains dirigeants africains, de s\u2019approprier des pans entiers des espaces et richesses des Africains.<\/p>\n<ol start=\"4\">\n<li><strong> Mesurer la performance logistique \u00e0 l\u2019aune des cr\u00e9ations d\u2019emplois d\u00e9cents<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>A force d\u2019insister pour que les pays africains soient trait\u00e9s comme des partenaires \u00e0 part enti\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme \u00ab aptes \u00bb \u00e0 soutenir la comp\u00e9tition et la concurrence mondiales, les Chefs d\u2019Etat africains en oublient l\u2019essentiel, \u00e0 savoir l\u2019excellence ou pas de leur performance logistique.<\/p>\n<p>Le paradoxe est que dans la pratique, ce sont des passe-droits, de non-respect des proc\u00e9dures transparentes et autres favoritismes sur des bases in\u00e9galitaires qui fondent ce nouveau partenariat entre certains \u2013 assez nombreux\u2013 chefs d\u2019Etat africains et le monde de la cr\u00e9ation de richesses par l\u2019entreprise. La concurrence et la comp\u00e9titivit\u00e9 ne sont tol\u00e9r\u00e9es que si cela ne d\u00e9range pas leur propre int\u00e9r\u00eat, et souvent leurs propres soci\u00e9t\u00e9s, d\u00e9tenues par des parents, des militaires et autres repr\u00e9sentants juridiques locaux ou internationaux. Cette r\u00e9alit\u00e9-l\u00e0 des dirigeants africains est r\u00e9guli\u00e8rement pass\u00e9e sous silence. L\u2019importance de la performance logistique d\u2019un pays ou de plusieurs de ses chaines de valeurs locales est indispensable pour g\u00e9n\u00e9rer de la croissance soutenable et durable. C\u2019est aussi par la performance logistique que l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale, africaine et internationale dans les chaines de valeurs est possible. Des dysfonctionnements dans une partie ou dans l\u2019ensemble des cha\u00eenes d\u2019approvisionnement d\u2019une \u00e9conomie mettent souvent en p\u00e9ril les \u00e9changes, le commerce et tout simplement l\u2019existence m\u00eame de la nation.<\/p>\n<p>Quelle que soit l\u2019approche choisie pour am\u00e9liorer sa performance logistique, il faut n\u00e9cessairement :<\/p>\n<p>-s\u2019assurer que l\u2019ensemble des infrastructures ou infostructures de communication physique ou digitale, sans oublier l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9nergie, se fasse \u00e0 un co\u00fbt comp\u00e9titif, donc abordable et ne pr\u00e9sente pas d\u2019effets n\u00e9gatifs sur l\u2019environnement et la biodiversit\u00e9 ;<\/p>\n<p>-r\u00e9duire le temps de transport et d\u2019acheminement d\u2019un bien ou d\u2019un service ;<\/p>\n<p>-augmenter l\u2019efficience de l\u2019ensemble des institutions et syst\u00e8mes soutenant le processus de mise \u00e0 disposition, que ce soit sur le territoire national, entre pays voisins, au sein d\u2019une communaut\u00e9 \u00e9conomique r\u00e9gionale ou continentale, ou au plan mondial.<\/p>\n<p>La capacit\u00e9 des pays africains \u00e0 recevoir et\/ou livrer efficacement des biens et \u00e0 permettre de r\u00e9duire les asym\u00e9tries de march\u00e9s demeure le but ultime qui est loin d\u2019\u00eatre atteint en 2021. La mise en relation des industries productrices et les consommateurs avec un niveau de performance logistique efficiente ne peut s\u2019am\u00e9liorer durablement uniquement avec des infrastructures si sur le terrain des \u00ab check-points \u00bb d\u2019usurpation de la valeur ajout\u00e9e cr\u00e9\u00e9e en amont ou en aval sont d\u00e9tourn\u00e9s par des groupes de militaires, souvent sur instruction de dirigeants politiques qui fondent cette pratique sur l\u2019appropriation par la facilit\u00e9.<\/p>\n<p>A ce rythme, l\u2019industrie et le commerce qui d\u00e9pendent du transport et de la logistique en Afrique ne peuvent pas jouer un r\u00f4le d\u2019effet de levier malgr\u00e9 parfois les efforts d\u00e9ploy\u00e9s par certains dirigeants africains pour s\u2019ins\u00e9rer dans la comp\u00e9titivit\u00e9 mondiale, en construisant des infrastructures isol\u00e9es. Il est important de laisser prosp\u00e9rer, de pr\u00e9f\u00e9rence par le secteur priv\u00e9 africain ind\u00e9pendant, les cha\u00eenes de cr\u00e9ation de valeurs ajout\u00e9es et d\u2019approvisionnement ainsi que des r\u00e9seaux de distribution et de marketing promotionnel en assurant la mobilit\u00e9 sans endommager l\u2019environnement, ni massacrer les salaires des travailleurs. Car, en fin de compte, l\u2019efficience de la performance logistique se d\u00e9termine, au-del\u00e0 des indices et autres crit\u00e8res quantitatifs ou qualitatifs, \u00e0 partir du nombre d\u2019emplois d\u00e9cents cr\u00e9\u00e9s dans le pays, ce avec un pouvoir d\u2019achat soutenable.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"5\">\n<li><strong> La performance logistique du Togo en retard sur la plupart des pays voisins<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Selon le classement annuel de la Banque mondiale, le Togo a \u00e9t\u00e9 class\u00e9 en 2020, 97e sur 190 \u00e9conomies en mati\u00e8re d\u2019environnement des affaires dit \u00ab Doing Business\u00bb. Le Togo est pass\u00e9 du rang de 137 en 2018 \u00e0 97 en 2019. Il y a l\u00e0 donc bien une prise de conscience de repositionner le Togo parmi les pays qui g\u00e9n\u00e8rent de la valeur ajout\u00e9e.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me est la militarisation du syst\u00e8me politique togolais et le fait qu\u2019une grande partie des forces d\u00e9tenant le pouvoir r\u00e9galien de l\u2019Etat ne respecte pas les lois en vigueur en mati\u00e8re de transparence et de la concurrence. Ils agissent pour leur propre compte, mais aussi pour le compte de civils au pouvoir, souvent des parents ou affid\u00e9s politiques y compris dans l\u2019opposition alimentaire. C\u2019est cela qui explique que le niveau de corruption au Togo reste \u00e9lev\u00e9, et difficilement saisissable car encens\u00e9 par l\u2019impunit\u00e9 \u00e9rig\u00e9e au rang de pratiques institutionnelles du pays.<\/p>\n<p>Selon Transparency International de 2021, l\u2019indice de corruption au Togo a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9 \u00e0 29 points en 2020 alors qu\u2019il n\u2019\u00e9tait que de 24 points en 2011. Rappelons que l\u2019indice de perception de la corruption classe les pays et territoires en fonction du degr\u00e9 de corruption de leur secteur public. Le score d\u2019un pays ou d\u2019un territoire indique le niveau per\u00e7u de corruption du secteur public sur une \u00e9chelle de 0 (tr\u00e8s corrompu) \u00e0 100 (tr\u00e8s propre). Avec le Nigeria cr\u00e9dit\u00e9 de 25 points, le Togo avec 29 points est donc bien class\u00e9 parmi les pays tr\u00e8s corrompu (entre 0 et 30).<\/p>\n<p>Sa politique d\u2019am\u00e9lioration de la performance logistique se retrouve en contradiction totale avec ses performances en mati\u00e8re de corruption et passe-droits in\u00e9galitaires. Ce sont ces oublis qui d\u00e9cr\u00e9dibilisent les donn\u00e9es du \u00ab Doing Business \u00bb de la Banque mondiale, qui met, ni le travailleur africain, ni le Peuple africain, au centre de ces pr\u00e9occupations.<\/p>\n<p>Pourquoi les pays voisins imm\u00e9diats du Togo qui ont tous \u00e9volu\u00e9 vers une d\u00e9mocratie avec alternance ont pu se hisser au-dessus des pays les plus corrompus, sauf le Nigeria ? Vraisemblablement, parce-que dans ces pays, le r\u00f4le des militaires claniques dans les affaires publiques et priv\u00e9es n\u2019est pas aussi pr\u00e9pond\u00e9rant qu\u2019au Togo. Ce point fait du Togo, un r\u00e9gime militaire avec une apparence civile qui plombe toute libert\u00e9 fondamentale, \u00e0 commencer par celle de cr\u00e9er de la valeur ajout\u00e9e et des richesses sans la peur de se voir ponctionner arbitrairement, ce avec de plus en plus l\u2019aval du syst\u00e8me judiciaire togolais. La s\u00e9paration des pouvoirs entre l\u2019ex\u00e9cutif, le l\u00e9gislatif, le judiciaire et l\u2019arm\u00e9e \u00e9tant \u00e9quivalente celle des bananes sur un bananier, il faut croire que les approches du \u00ab Doing Business \u00bb comme celles li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9termination de la \u00ab performance logistique \u00bb doivent \u00eatre revues avec des experts ind\u00e9pendants, ressortissants des r\u00e9gions concern\u00e9es, et bas\u00e9es sur des enqu\u00eates de type \u00ab remont\u00e9e des chaines de valeurs \u00bb.<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s togolaises qui sont all\u00e9es prendre des \u00ab le\u00e7ons \u00bb au Rwanda pour am\u00e9liorer les donn\u00e9es du \u00ab Doing Business \u00bb et celles de la \u00ab performance logistique \u00bb devraient aussi prendre en compte les donn\u00e9es issues de l\u2019indice de la perception de la corruption pour corriger l\u2019image idyllique et fausse donn\u00e9e par le pouvoir togolais (voir le graphique suivant sur la perception de la corruption en 2020).<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, le secteur priv\u00e9 et le march\u00e9 comp\u00e9titif ne tarderont pas \u00e0 s\u2019en rendre compte, m\u00eame si les facilit\u00e9s, dignes d\u2019un syst\u00e8me anti-valeur pr\u00e9valant au Togo, conduisent \u00e0 une ascension exponentielle des passe-droits. La r\u00e9alit\u00e9 est que les investisseurs dans leur grande majorit\u00e9, sauf ceux qui n\u2019ont pas ou plus de passe-droits, se retrouvent asphyxi\u00e9s par des imp\u00f4ts, parfois difficiles \u00e0 justifier, et souvent sans rapport avec l\u2019activit\u00e9 exerc\u00e9e.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es de \u00ab Doing Business \u00bb oublient syst\u00e9matiquement d\u2019accorder des points n\u00e9gatifs pour les pays qui \u00e9tablissent des check-points anarchiques tout au long du syst\u00e8me des transports et de la logistique, ou organisent un syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9rateur de d\u00e9g\u00e2ts irrecouvrables sur l\u2019environnement et la biodiversit\u00e9. Un biais qui fait du \u00ab Doing Business \u00bb de la Banque mondiale, un syst\u00e8me de promotion indirecte de la corruption et de la destruction de l\u2019environnement, non sans apporter un soutien non n\u00e9gligeable \u00e0 des r\u00e9gimes corrompus et dictatoriaux o\u00f9 la v\u00e9rit\u00e9 des urnes est pass\u00e9e par pertes et profits. Bref, la Banque mondiale avec ces indices du \u00ab Doing Business \u00bb orient\u00e9s vers la satisfaction des int\u00e9r\u00eats des entreprises multinationales priv\u00e9es, a fini par offrir les donn\u00e9es statistiques n\u00e9cessaires \u00e0 des r\u00e9gimes militaro-civils pour justifier un syst\u00e8me de cr\u00e9ation de richesses qui se fait aux d\u00e9pens des populations africaines. Le Togo est l\u2019exemple typique des contradictions des donn\u00e9es fournies par les statistiques du \u00ab Doing Business \u00bb ou de la \u00ab Performance logistique \u00bb.<\/p>\n<p>Le B\u00e9nin est class\u00e9 par la Banque mondiale \u00e0 2,75 selon l\u2019indice de la performance logistique compris entre 1 (mauvaise performance) et 5 (tr\u00e8s bonne performance). Avec le Ghana \u00e0 2,57, tous deux font mieux que le Togo \u00e0 2,45 soit la moyenne de l\u2019Afrique subsaharienne, autrement dit il y a encore de nombreux probl\u00e8mes pour atteindre l\u2019efficience logistique\u2026 notamment les arr\u00eats intempestifs d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019internet et \u00e0 l\u2019\u00e9nergie, l\u2019arr\u00eat intempestif\u00a0 et souvent arbitraire sous forme d\u2019interventionnisme non sollicit\u00e9 des \u00ab forces dits de l\u2019ordre \u00bb sur des camions de marchandises, et bien s\u00fbr toute les formes de racket regroup\u00e9es sous le vocable \u00ab corruption \u00bb.<\/p>\n<p>Il suffit de faire la comparaison entre les pays s\u00e9lectionn\u00e9s tant dans la sous-r\u00e9gion d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, que sur le continent ou ailleurs dans le monde pour comprendre que la performance logistique du Togo est une performance factice qui ne profite qu\u2019\u00e0 ceux qui b\u00e9n\u00e9ficient de \u00ab passe-droits \u00bb, non sans contreparties non officielles (voir graphique ci-apr\u00e8s). Tous les pays voisins du Togo font mieux en termes de performance logistique. Tous ces pays sont d\u00e9mocratiques et connaissent des alternances politiques bas\u00e9es sur la v\u00e9rit\u00e9 des urnes. Le Togo fait donc exception !<\/p>\n<ol start=\"6\">\n<li><strong> Conclusion : la performance logistique au Togo est non conviviale<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Selon l\u2019indice de performance logistique de la Banque mondiale, le Togo ne serait pas un pays \u00ab convivial \u00bb en termes de performance logistique. La raison principale r\u00e9side dans :<\/p>\n<p>1-L\u2019usurpation du pouvoir d\u00e9mocratique par un groupe de militaires claniques utilisant un civil comme paravent ;<\/p>\n<p>2-Une grande corruption dans l\u2019ex\u00e9cution des projets d\u2019infrastructures ou miniers, sans compter le non-enregistrement de recettes p\u00e9troli\u00e8res ou autres dans les comptes publics officiels de l\u2019Etat ;<\/p>\n<p>Le silence des organisations internationales et bilat\u00e9rales sur les injustices envers le Peuple togolais dans les transferts de richesses dans les chaines de valeurs li\u00e9es \u00e0 la performance logistique, ce avec la complicit\u00e9 de soci\u00e9t\u00e9s multinationales \u00e9trang\u00e8res ayant en leur sein les repr\u00e9sentants des pouvoirs en place et des militaires dans leur conseil d\u2019administration dans la logistique s\u00e9curitaire d\u2019acheminement des biens et marchandises ;<\/p>\n<p>L\u2019impunit\u00e9 envers les militaires et autres forces en charge de \u00ab check-points \u00bb hors-la-loi, au gr\u00e9 des besoins journaliers, d\u00e8s lors que la redistribution de la richesse cr\u00e9\u00e9e ne quitte pas un cercle ferm\u00e9 d\u2019une oligarchie militaro-civilo-\u00e9sot\u00e9rique, qui a auparavant musel\u00e9 les populations par l\u2019interdiction des manifestations et du droit de gr\u00e8ve pr\u00e9vus par la Constitution togolaise, et de toutes vell\u00e9it\u00e9s de contestation organis\u00e9es par la Diaspora ind\u00e9pendante ; et enfin,<\/p>\n<p>Le r\u00f4le n\u00e9faste d\u2019une opposition politique qui a fini par accepter d\u2019\u00eatre nourrie par le pouvoir en place, quitte \u00e0 servir de l\u00e9gitimation du syst\u00e8me politique qui l&rsquo;avilit, au point de fermer les yeux, voire d\u2019\u00eatre insensible aux kidnappings et emprisonnements sans mandats, ni preuves de troubles \u00e0 l\u2019ordre public des combattants de la libert\u00e9 du Peuple togolais, ce plus particuli\u00e8rement contre ceux de la Diaspora, sans oublier tous celles et ceux \u2013 innocents \u2013 qui sont actuellement en prison sans jugement.<\/p>\n<p>S\u2019il est difficile d\u2019influencer les co\u00fbts internationaux de la logistique, il appartient n\u00e9anmoins aux dirigeants africains de r\u00e9duire substantiellement les co\u00fbts logistiques au niveau national. Ne pas \u00ab toucher \u00bb aux cinq points mentionn\u00e9s plus haut, serait non plus une erreur, mais un acte de complicit\u00e9 et de m\u00e9pris du peuple africain, togolais en particulier.<\/p>\n<p>La corruption et les passe-droits handicapent la performance logistique du Togo. A qui la faute ? Certainement pas au Peuple togolais, encore moins \u00e0 sa Diaspora qui n\u2019est toujours pas recens\u00e9e et ne figure pas parmi les 8,3 millions d\u2019habitants estim\u00e9s en 2020 ! YEA.<\/p>\n<p><strong>10 novembre 2011<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dr Yves Ekou\u00e9 AMA\u00cfZO<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les dirigeants africains de nombreux pays africains sont \u00ab fiers \u00bb d\u2019annoncer qu\u2019ils ont pu obtenir des pr\u00eats et dons \u00ab gratuitement \u00bb. 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