{"id":3417,"date":"2021-02-27T13:18:02","date_gmt":"2021-02-27T13:18:02","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/libertetogo\/?p=3417"},"modified":"2021-02-27T13:18:02","modified_gmt":"2021-02-27T13:18:02","slug":"et-si-la-pandemie-du-coronavirus-sonnait-le-debut-de-lindustrialisation-de-lafrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/et-si-la-pandemie-du-coronavirus-sonnait-le-debut-de-lindustrialisation-de-lafrique\/international\/","title":{"rendered":"Et si la pand\u00e9mie du coronavirus sonnait le debut de l\u2019industrialisation de l\u2019Afrique ?"},"content":{"rendered":"<p>La pand\u00e9mie que le monde vit depuis plus d\u2019une ann\u00e9e maintenant nous a montr\u00e9 \u00e0 quel point l\u2019\u00eatre humain est vuln\u00e9rable et impuissant malgr\u00e9 toutes les technologies de pointe dont dispose le monde. Nul n\u2019est \u00e9pargn\u00e9 depuis le paysan d\u2019une brousse au Togo jusqu\u2019\u00e0 Donald Trump en passant par Emmanuel Macron. La chance de ces deux derniers est qu\u2019ils avaient cinq medecins pour eux seuls alors qu\u2019en Afrique, nous avons un m\u00e9decin pour 50.000 habitants (j\u2019exag\u00e8re \u00e0 peine). L\u2019exp\u00e9rience que nous vivons, doit nous faire prendre conscience que du fait de l\u2019interconnexion de nos pays, tout ce qui affecte un pays en d\u00e9veloppement, impacte forc\u00e9ment les autres et les pays d\u00e9velopp\u00e9s et vice versa : je veux parler des defis climatiques, des pand\u00e9mies, du terrorisme, des crises \u00e9conomiques, etc. Une autre facette de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 humaine reste ces temp\u00eates qui ravagent les villes enti\u00e8res de la France m\u00e9tropolitaine par exemple, engloutissant maisons et occupants, emportant \u00e0 son passage v\u00e9hicules et \u00e9ventrant des bateaux de p\u00eache et de plaisance sur les embarcad\u00e8res. Il est vrai qu\u2019une temp\u00eate est, tout comme la pand\u00e9mie de la Covid-19, une catastrophe naturelle mais je pensais que c\u2019est seulement dans nos pays o\u00f9 les lotissements des villes et les assainissements des rues sont inexistants que ces genres de catastrophes ont cours.<\/p>\n<p>Sous un tout autre plan, je vois la pollution des sacs plastiques sur les c\u00f4tes \u00e0 Lom\u00e9 qui tue les poissons, je me dis que c\u2019est un probl\u00e8me mondial puisque les mers et les oc\u00e9ans communiquent, un sac plastique sur les c\u00f4tes de l\u2019Atlantique \u00e0 Lom\u00e9 peut se retrouver tr\u00e8s vite \u00e0 Marseille et plus tard dans les oc\u00e9ans pacifique, arctique et indien. J\u2019en appelle aux chefs d\u2019Etat des pays \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la plan\u00e8te et surtout ceux-l\u00e0 qui ont fait la douloureuse exp\u00e9rience de la Covid-19 de s\u2019investir dans tous les ph\u00e9nom\u00e8nes mondiaux qui peuvent \u00e0 terme affecter la population mondiale.<\/p>\n<p>Les Africains doivent remercier leurs dieux que le Coronavirus circule moins vite chez eux ; ce qui a d\u00e9jou\u00e9 les pronostics macabres des Occidentaux qui ont financ\u00e9 \u00e0 coup de milliards de dollars les recherches de vaccins \u00e0 utiliser d\u2019abord sur les Africains comme cobayes. Mais, Dieu merci les premiers tests de ces vaccins se font d\u2019abord sur les Occidentaux qui ont \u00e9t\u00e9, contre toute attente, les plus affect\u00e9s par le virus. Cependant, nous devons craindre que ces vaccins que m\u00eame l\u2019un des fabriquants refuse de s\u2019injecter, objectant qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 59 ans, vont nous \u00eatre impos\u00e9s puisque les Occidentaux rechignent \u00e0 \u00eatre vaccin\u00e9s. Ce fabricant de vaccin doit se rappeler aux bons souvenirs du chanteur et acteur fran\u00e7ais Tino Rossi avec son titre: la vie commence \u00e0 60 ans. Bref, ces vaccins qui sont gratuis en Occident, nous seront \u00e0 pr\u00e9sent vendus \u00e0 prix d\u2019or pour permettre \u00e0 l\u2019Europe de rembourser son emprunt de 750 milliards d\u2019euros.<\/p>\n<p>Je disais plus haut que l\u2019Afrique n\u2019a pas connu comme l\u2019Occident\u00a0 l\u2019h\u00e9catombe de la Covid-19. Cependant, c\u2019est l\u2019Afrique qui ressent plus durement les cons\u00e9quences \u00e9conomiques de la pand\u00e9mie : le rebasage du PIB dans plusieurs pays africains ne doit pas nous faire occulter la r\u00e9alit\u00e9, la croissance est rest\u00e9e bien atone, coll\u00e9e \u00e0 0 % lorsque l\u2019Occident est confin\u00e9, les \u00e9changes avec l\u2019Afrique sont ralentis, les avions \u00e9tant clou\u00e9s au sol en Occident, les a\u00e9roports en Afrique sont ferm\u00e9s, ainsi que les entreprises du secteur du tourisme. M\u00eame si la pand\u00e9mie elle-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 moins s\u00e9v\u00e8re en Afrique, il n\u2019en est pas de m\u00eame de la crise \u00e9conomique cons\u00e9quente avec un r\u00e9tr\u00e9cissement des produits int\u00e9rieurs bruts (PIB) des pays. Premi\u00e8re raison de cette crise \u00e9conomique, les \u00e9conomies en Occident \u00e9tant partiellement \u00e0 l\u2019arr\u00eat, l\u2019Occident ach\u00e8te moins nos mati\u00e8res premi\u00e8res puisque nos \u00e9conomies sont rest\u00e9es tributaires des exportations des mati\u00e8res premi\u00e8res brutes. Deuxi\u00e8me raison de ce ralentissement, les avions \u00e9tant clou\u00e9s au sol sur toutes les grandes places mondiales, le secteur du tourisme s\u2019est arr\u00eat\u00e9 en Afrique. Troisi\u00e8me raison, l\u2019Occident \u00e9tant confin\u00e9, la dispora africaine qui soutient leurs familles rest\u00e9es au pays envoie moins de flux financiers en Afrique. Quatri\u00e8me raison et non des moindres, nos pays \u00e9tant plus importateurs qu\u2019exportateurs, les produits import\u00e9s se font rares dans nos march\u00e9s. Avec les premiers cas de contamination, l\u2019Afrique a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de recourir au confinement, n\u2019ayant pas\u00a0 les infrastructures de base pour prendre en charge les malades. Les \u00e9coles sont ferm\u00e9es et les couvre-feu d\u00e9cret\u00e9s. Cons\u00e9quences : plus de pauvret\u00e9, les \u00e9coles priv\u00e9es ne collectant plus les frais de scolarit\u00e9, les enseignants sont laiss\u00e9s pour compte, sans salaire alors qu\u2019ils ont la famille \u00e0 nourrir, les engagements \u00e0 honorer. Il en est de m\u00eame des salari\u00e9s des entreprises du secteur du tourisme, des tenanciers des bars et restaurants frapp\u00e9s par les couvre-feu. Les Etats ont fait ce qu\u2019ils ont pu mais le nombre de pauvres s\u2019est \u00e9largi.<\/p>\n<p>Ce qui est s\u00fbr, c\u2019est que la situation ne peut rester en l\u2019\u00e9tat et nos \u00e9conomies ne peuvent plus \u00eatre g\u00e9r\u00e9es comme avant. Nous devons rapidement mettre en place une strat\u00e9gie de r\u00e9silience de nos \u00e9conomies, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019\u00e0 chaque pic de la pand\u00e9mie, nous devons \u00eatre capables de surmonter rapidement les cons\u00e9quences \u00e9conomiques engendr\u00e9es par ce pic afin que l\u2019economie redemarre.<\/p>\n<p>C\u2019est seulement apr\u00e8s cette gestion efficace de la r\u00e9silience que nous pouvons mettre en \u0153uvre de facon perenne une politique de relance de nos \u00e9conomies sur la base des exp\u00e9riences que nous vivons. Quand l\u2019Occident est confin\u00e9, l\u2019Afrique ne peut rester affam\u00e9e parce que, du fait de la pandemie, les importations sont bloqu\u00e9es ou bien arrivent en retard ou que nos exportations nous restent sous les bras. J\u2019ai un ami commer\u00e7ant, avant la pand\u00e9mie, il avait l\u2019habitude de me dire que le stock de marchandises qu\u2019il a, est faible pour les f\u00eates \u00e0 venir. Et en d\u00e9but de soir\u00e9e, il m\u2019appelle de l\u2019avion qu\u2019il embarque pour l\u2019Europe. Il revient cinq jours plus tard et dans les deux semaines qui suivent, ses conteneurs de marchandises arrivent au port de Lom\u00e9. Aujourd\u2019hui, s\u2019il constate que son stock est trop bas, il lui faut deux semaines pour obtenir le visa et les tests Covid-19 avant de prendre l\u2019avion.<\/p>\n<p>C\u2019est dire que nous allons bient\u00f4t commercer \u00e0 manquer certains produits import\u00e9s sur le march\u00e9 puisque les Occidentaux passent de d\u00e9confinement \u00e0 reconfinement avec forc\u00e9ment des industries qui sont \u00e0 l\u2019arr\u00eat ou tournent au ralenti.<\/p>\n<p>Nous ne pouvons pas cesser de vivre en Afrique parce que l\u2019Occident est confin\u00e9 du fait de la pand\u00e9mie. Nous devons g\u00e9rer nos pays autrement. Les produits import\u00e9s que l\u2019Occident n\u2019est plus capable de nous fournir rapidement, nous devons \u00eatre en mesure de les fabriquer localement. Pourquoi continuer d\u2019exporter notre phosphate, nos caf\u00e9s cacaos et autres si les industries tournent au ralenti en Occident. D\u2019o\u00f9 l\u2019\u00e9veil et la prise de conscience pour vraiment industrialiser l\u2019Afrique en partenariat avec ces multinationales qui ne peuvent longtemps tourner au ralenti chez elles de peur de perdre leurs monopoles.<\/p>\n<p>N\u2019ayant pas la pr\u00e9tention de parler de l\u2019industrialisation de toute l\u2019Afrique, je vais limiter mon cas au Togo, les autres pays s\u2019en inspireront en fonction de leurs ressources naturelles et de leurs priorites.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9-requis pour une industrialisation viable et p\u00e9renne sont :<\/p>\n<ul>\n<li>Nous n\u2019allons plus revenir sur le b.a.-ba de cr\u00e9er un environnement des affaires s\u00e9curis\u00e9, propice et attractif. Au Togo, nous sommes devenus ma\u00eetres dans l\u2019art avec l\u2019exp\u00e9rience de la Zone franche des ann\u00e9es 75 dont le succ\u00e8s n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur de nos attentes.<\/li>\n<li>Parlons plut\u00f4t des pr\u00e9-requis qui doivent nous faire changer de paradigme.<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li>Accueillir au pays tous les nationaux, quelle que soit leur sensibilit\u00e9, porteurs de projets et d\u2019invention au lieu de faire la part belle aux Dangote, Bollor\u00e9 et autres. Ces derniers avaient commenc\u00e9 petitement chez eux avant d\u2019\u00eatre mondialement connus aujourd\u2019hui;<\/li>\n<li>Avoir un capital humain local. Dans les ann\u00e9es 75, les investisseurs avaient bien appr\u00e9ci\u00e9 le capital humain sur place. Oui, lorsqu\u2019on a un plan d\u2019industrialisation, ce n\u2019est pas seulement pour booster l\u2019economie et accro\u00eetre le PIB mais c\u2019est aussi et surtout pour r\u00e9sorber le ch\u00f4mage qui est end\u00e9mique dans notre pays m\u00eame s\u2019il y a une v\u00e9ritable omerta pour avoir le taux de ch\u00f4mage dans nos pays.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Ce n\u2019est malheureusement pas le cas aujourd\u2019hui o\u00f9 l\u2019\u00e9ducation est assur\u00e9e par des enseignants sans pedagogie : des recal\u00e9s du Brevet d\u2019\u00e9tudes qui enseignent au primaire ; des recal\u00e9s du probatoire (BAC1) qui officient dans les coll\u00e8ges et les recal\u00e9s des deux premi\u00e8res ann\u00e9es d\u2019universit\u00e9 qui enseignent dans les lyc\u00e9es. Mais avant tout \u00e7a, il faut reconstruire les \u00e9coles, ces infrastructures de base sans lesquelles tous nos efforts seront vain\u1e63. Je vais donner l\u2019exemple d\u2019un cas r\u00e9el qui prouve \u00e0 suffisance que toute l\u2019\u00e9ducation au Togo est \u00e0 repenser. J\u2019ai recrut\u00e9 une personne, niveau BAC + deux ans de cartouches en anglais \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lom\u00e9, pour assurer mon secr\u00e9tariat. La personne \u00e9tait enseignante dans deux \u00e9coles priv\u00e9es diff\u00e9rentes de secr\u00e9tariat. Je me suis dit, pour mes probl\u00e8mes de traitement de textes, je suis sauv\u00e9. D\u2019abord, son CV laissait \u00e0 d\u00e9sirer avec Word qu\u2019elle dit ma\u00eetris\u00e9, \u00e9crit World, des fautes d\u2019orthographe et autres incoh\u00e9rences. Mais en mati\u00e8re de confiance, je voyais une personne qui pouvait tenir ma petite caisse sans souci. J\u2019ai d\u00fb reprendre les premi\u00e8res lettres que je lui ai demand\u00e9 de saisir. Elle se justifie en disant que quand elle avait fait son BAC G3, il n\u2019y avait pas d\u2019informatique \u00e0 l\u2019examen, elle avait fait st\u00e9nographie. Je lui r\u00e9plique en disant, oui maintenant que tu enseignes des coll\u00e9giens qui ont le traitement de texte \u00e0 l\u2019examen officiel, toi-m\u00eame tu devrais d\u2019abord te recycler, et il y a Google pour \u00e7a\u2026 Cette personne n\u2019a pas support\u00e9 ma rigueur et mes critiques, elle est partie sans laisser d\u2019adresse. Un autre stagiaire avec Licence, secr\u00e9taire de direction. En mon absence, il re\u00e7oit une soci\u00e9t\u00e9 qui doit visiter notre salle de r\u00e9union pour y faire une formation. Il me fait un compte-rendu Whatsapp comme suit : premier message, ils sont venus; deuxi\u00e8me message, 15 mn plus tard: ils sont repartis point, puis plus rien. Je lui dis mais ce n\u2019est pas ce que je veux savoir. C\u2019est apr\u00e8s qu\u2019il me r\u00e9pond en disant qu\u2019ils ont r\u00e9serv\u00e9 la salle et ils passeront dans deux jours pour leur formation. Je peux multiplier les exemples. Un r\u00e9p\u00e9titeur, Master en poche qui dit \u00e0 un coll\u00e9gien de 4\u00e8me qu\u2019un escroc est un voleur, un point, un trait \u203c Aujourd\u2019hui, les enfants savent o\u00f9 trouver tout seul ces d\u00e9finitions et significations d\u2019expressions simples.<\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li>Lorsqu\u2019on parle de capital humain, on pense d\u2019abord \u00e0 sa sant\u00e9. C\u2019est un tout. Un \u00eatre humain en mauvaise sant\u00e9 ne peut pas donner le meilleur de lui-m\u00eame. On voit que tout revient : les infrastructures de base sans lesquelles aucun d\u00e9veloppement n\u2019est viable, je dirai m\u00eame n\u2019est possible. Routes, pistes rurales, eau, \u00e9lectricit\u00e9 qui sont les infrastructures sans lesquelles on ne peut m\u00eame pas parler d\u2019industries. Il nous faut une bonne d\u00e9cennie pour avoir tout \u00e7a. Il faut bien commencer un jour, sinon tout ce qu\u2019on nous promet n\u2019est que leurre.<\/li>\n<li>On en vient au pr\u00e9-requis de la Covid-19. C\u2019est dire que nos pays ne peuvent plus \u00eatre g\u00e9r\u00e9s comme avant. Avant de parler de relance de nos \u00e9conomies, il faut passer par une \u00e9tape de gestion r\u00e9siliente, c\u2019est-\u00e0-dire que nous devons mettre en place des mesures efficaces capables de surmonter rapidement tout choc et perturbation de notre \u00e9conomie dus \u00e0 la pand\u00e9mie chez nous o\u00f9 chez les autres (Occident); parce que nos \u00e9conomies sont interconnect\u00e9es.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Une relance p\u00e9renne de l\u2019\u00e9conomie en cette p\u00e9riode de pand\u00e9mie doit prendre appui sur les exp\u00e9riences que nous vivons. Transformer sur place nos mati\u00e8res premi\u00e8res que l\u2019Occident confin\u00e9 ne nous ach\u00e8te plus comme avant et surtout fabriquer sur place les produits que l\u2019Occident ne nous vend plus du fait du ralentissement de leurs \u00e9conomies.<\/p>\n<p>D\u2019abord, il convient d\u2019encourager et de faciliter l\u2019installation au Togo des nationaux porteurs de projets ou de technologies qui rentrent dans le cadre de la relance de l\u2019\u00e9conomie ci-dessus.<\/p>\n<p>Les multinationales leader dans leur industrie sont aujourd\u2019hui fatigu\u00e9es des confinements qui ralentissent leurs activit\u00e9s. Le moment semble bien propice pour leur proposer une delocalisation de leurs activit\u00e9s. Dans nos programmes de privatisation, nous devons rechercher les partenariats avec des groupes de renom et non des groupes arrivistes qui viennent t\u00e2tonner sur le terrain. J\u2019ai donn\u00e9 plus haut l\u2019exemple du partenariat Sonatel\/France T\u00e9l\u00e9com au S\u00e9n\u00e9gal qui est un succ\u00e8s depuis la privatisation de la Sonatel en 1997.<\/p>\n<p>Nous ciblons les industries qui utilisent nos mati\u00e8res premi\u00e8res et les fruits locaux dans l\u2019agro-alimentaire, la transformation industrielle, l\u2019h\u00f4tellerie, les engrais, la marbrerie, la sid\u00e9rurgie, les \u00e9quipements de b\u00e2timents. C\u2019est \u00e0 dessein que j\u2019ai cit\u00e9 l\u2019h\u00f4tellerie. Nous devons \u00e0 tout prix faire g\u00e9rer nos h\u00f4tels par des groupes internationaux de l\u2019hotellerie qui sont de v\u00e9ritables lobbys pour le remplissage des h\u00f4tels. Pour ne pas rentrer dans les d\u00e9tails, au Togo, un h\u00f4tel comme le 2 f\u00e9vrier, sans une griffe internationale, devient un petit h\u00f4tel de nos coins de rue.<\/p>\n<p>Les partenaires investisseurs arriveront avec les fonds de capital. Il faut que notre secteur bancaire ait surv\u00e9cu sans trop de bobo \u00e0 la pand\u00e9mie et soit \u00e0 la hauteur pour accompagner toutes ces industries dans leurs fonds de roulement. Il s\u2019agira de montants tr\u00e8s importants. \u00c0 cet effet, j\u2019invite les banques \u00e0 changer de paradigme dans leurs strat\u00e9gies de mobilisation des ressources. Apr\u00e8s la derni\u00e8re d\u00e9valuation du FCFA le 12 janvier 1994, beaucoup de Togolais ont ouvert des comptes dans les banques fran\u00e7aises essentiellement dans l\u2019espoir de beneficier des gains de change de d\u00e9valuation \u00e0 venir. Ces fonds plac\u00e9s sur les livrets et en d\u00e9p\u00f4ts \u00e0 terme en France rapportent aujourd\u2019hui des int\u00e9r\u00eats \u00e0 des taux inf\u00e9rieurs \u00e0 1% l\u2019an. Alors que depuis des d\u00e9cennies, les placements dans la zone UEMOA rapportent des int\u00e9r\u00eats au taux minimum de 3,5% l\u2019an. Les deux (2) autres motivations de l\u2019\u00e9pargnant que sont la liquidit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019\u00e9pargne sont assur\u00e9es sur l\u2019Union qui est consid\u00e9r\u00e9e comme un territoire unique pour les 8 pays membres de 120 millions d\u2019habitants. Les banques de l\u2019UEMOA doivent convaincre ces \u00e9pargnants \u00e0 rapatrier cette \u00e9pargne. La mobilisation de ressources suppl\u00e9mentaires suffisantes des Togolais est la cl\u00e9 de la reprise de l\u2019\u00e9conomie et de la mise en oeuvre sans ambages du plan de transformation industrielle sous revue.<\/p>\n<p><strong>Nous devons avoir l\u2019audace de continuer<\/strong><strong> \u00e0 faire fonctionner notre \u00e9conomie m\u00eame si les \u00e9conomies en Occident sont partiellement \u00e0 l\u2019arr\u00eat. Nous ne devons plus dependre de l\u2019Occident pour nos importations et nos exportations. Pour ce faire, nous devons g\u00e9rer autrement nos entreprises et nos <\/strong><strong>Etats. <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00c0 l\u2019instar de la Banque centrale europ\u00e9enne, la BCEAO doit rompre avec son fonctionnement d\u2019avant pand\u00e9mie et soutenir franchement les Etats et les banques de l\u2019UEMOA. Si des efforts ont \u00e9t\u00e9 faits, il reste \u00e0 revoir les taux des interventions de la BCEAO qui sont encore tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s compar\u00e9s aux taux d\u2019int\u00e9r\u00eat n\u00e9gatifs en Occident. Nos <\/strong><strong>Etats se sont endett\u00e9s pour financer les d\u00e9penses courantes de leur budget. Cette spirale de dettes doit nous inqui\u00e9ter meme si par le jeu du rebasage, les taux d\u2019endettement des nos pays par rapport au PIB rebas\u00e9 sont bas compar\u00e9s aux ann\u00e9es ant\u00e9rieures. Avec la pand\u00e9mie, les criteres de convergence sont gel\u00e9s dans les zones mon\u00e9taires <\/strong><strong>\u00e0 travers le monde. De m\u00eame, je voudrais que l\u2019on oublie l\u2019orthodoxie financi\u00e8re pour faire tourner la planche <\/strong><strong>\u00e0 billets, pour annuler les dettes des Etats qui doivent relancer leurs economies. Nous devons faire tourner cette planche \u00e0 billets comme si Chamali\u00e8res \u00e9tait une commune dans un des huit pays de\u00a0 l\u2019UEMOA, ECO ou FCFA \u00e0 moins que la mort annonc\u00e9e du FCFA ne soit act\u00e9e que sur le papier. Notre banque centrale doit soutenir de fa\u00e7on souveraine les Etats de l\u2019UEMOA en d\u00e9ficit et tr\u00e8s endett\u00e9s \u00e0 des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat insupportables pour que l\u2019\u00e9conomie red\u00e9marre dans notre Union.<\/strong><\/p>\n<p>Comme dans une ruche, l\u2019Etat doit \u00e9galement jouer sa partition avec des finances publiques redress\u00e9es si possible comme \u00e9voqu\u00e9 ci-dessus. Pendant toute la p\u00e9riode de la pand\u00e9mie, l\u2019Etat qui a fait des d\u00e9penses impr\u00e9vues pour lutter contre la Covid-19, en l\u2019absence de recettes fiscales, s\u2019est \u00e9norm\u00e9ment endett\u00e9 en recourant massivement aux obligations de la BRVM. Mais on ne peut pas relancer son \u00e9conomie avec des dettes de moins de trois ans \u00e0 des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de 6,5% l\u2019an, c\u2019est malsain. C\u2019est pour cela que de fa<strong>\u00e7<\/strong>on plus orthodoxe, je recommanderais \u00a0\u00e0 l\u2019Etat de recourir \u00e0 des euro-obligations de 20-30 ans pour b\u00e9n\u00e9ficier des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat qui soient en ad\u00e9quation avec notre taux de croissance actuel qui est de l\u2019ordre de 0% selon la Banque mondiale, l\u2019Etat ne dit d\u2019ailleurs pas mieux en conjecturant un taux de croissance de 0,7%. Oui, les Etats aussi ne doivent pas emprunter n\u2019importe comment et \u00e0 n\u2019importe quel taux. L\u2019orthodoxie financi\u00e8re veut que les taux d\u2019emprunt soient inf\u00e9rieurs aux taux de croissance, c\u2019est-\u00e0-dire avec le niveau des richesses des pays. Exactement comme le banquier restreint le client particulier emprunteur dans sa quotit\u00e9 cessible.<\/p>\n<p>Avec la transformation industrielle que nous voulons pour notre pays, il y aura une concurrence des Etats<u>;<\/u> c\u2019est pour cela qu\u2019il faut aller vite.<\/p>\n<p><strong>Blaise Ayao AMOUSSOU-KPETO<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pand\u00e9mie que le monde vit depuis plus d\u2019une ann\u00e9e maintenant nous a montr\u00e9 \u00e0 quel point l\u2019\u00eatre humain est vuln\u00e9rable et impuissant malgr\u00e9 toutes les technologies de pointe dont dispose le monde. Nul n\u2019est \u00e9pargn\u00e9 depuis le paysan d\u2019une brousse au Togo jusqu\u2019\u00e0 Donald Trump en passant par Emmanuel Macron. 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