{"id":3156,"date":"2021-01-18T14:18:07","date_gmt":"2021-01-18T14:18:07","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/libertetogo\/?p=3156"},"modified":"2021-01-18T14:18:07","modified_gmt":"2021-01-18T14:18:07","slug":"suspension-de-chefs-cantons-juges-proches-de-lopposition-boukpessi-confirme-la-devalorisation-de-la-chefferie-traditionnelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/suspension-de-chefs-cantons-juges-proches-de-lopposition-boukpessi-confirme-la-devalorisation-de-la-chefferie-traditionnelle\/politique\/","title":{"rendered":"Suspension de chefs cantons jug\u00e9s proches de l\u2019opposition : Boukpessi confirme la d\u00e9valorisation de la chefferie traditionnelle"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Ils sont devenus des sujets du pouvoir administratif. La sanction annonc\u00e9e mercredi par le Conseil des ministres confirme, non seulement la mainmise du r\u00e9gime sur les gardiens des us et coutumes, mais aussi la d\u00e9sacralisation du titre de chef traditionnel.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le 13 janvier reste indubitablement une date m\u00e9morable dans l\u2019histoire du Togo. En 1963, c\u2019est l\u2019assassinat du p\u00e8re de l\u2019ind\u00e9pendance, Sylvanus Olympio. En 2021, le gouvernement a consacr\u00e9 la d\u00e9valorisation de la chefferie traditionnelle dans le pays. En effet, le gouvernement Victoire Dogb\u00e9 a tenu son 2\u00e8me Conseil des ministres de l\u2019ann\u00e9e. Dans le communiqu\u00e9 qui a sanctionn\u00e9 la r\u00e9union, on apprend qu\u2019un avant-projet de loi et un projet de d\u00e9cret ont \u00e9t\u00e9 examin\u00e9s, et cinq communications ont \u00e9t\u00e9 faites.<\/p>\n<p>Ce qui retient l\u2019attention, ce sont les comptes rendus du ministre de l\u2019Administration territoriale, de la D\u00e9centralisation et du D\u00e9veloppement des territoires, Payadowa Boukpessi. Selon le communiqu\u00e9, le premier compte rendu est relatif aux d\u00e9crets portant reconnaissance de quatre chefs cantons, trois d\u00e9sign\u00e9s par voie coutumi\u00e8re \u00e0 Pagouda, Pessare et Sessaro, et un par voie \u00e9lective dans le canton de Imle, pr\u00e9fecture de l\u2019Amou. En plus de l\u2019annonce des reconnaissances, le ministre a annonc\u00e9 la suspension pour six mois de trois chefs canton. Il s\u2019agit de celui de Vokoutim\u00e9 dans la pr\u00e9fecture de Vo, et ceux de Djama et Glei, deux cantons de la pr\u00e9fecture de l\u2019Ogou. La raison de cette suspension est, selon le pouvoir, \u00ab\u00a0la mise en place d\u2019une organisation ill\u00e9gale de chefferie traditionnelle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Une d\u00e9cision qu\u2019il reste \u00e0 clarifier<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mise en place d\u2019une organisation ill\u00e9gale de chefferie traditionnelle\u00a0\u00bb. C\u2019est ce que l\u2019autorit\u00e9 administrative reproche aux autorit\u00e9s traditionnelles suspendues. Difficile de comprendre ce que Payadowa Boukpessi voudrait dire \u00e0 travers cette expression. La curiosit\u00e9, c\u2019est que m\u00eame les int\u00e9ress\u00e9s, selon des sources proches de ces palais royaux, ne savent pas avec exactitude la faute qu\u2019ils ont commise pour m\u00e9riter un tel ch\u00e2timent. Ce qui ressort de la note \u00e0 eux transmise par les pr\u00e9fets, c\u2019est qu\u2019ils sont suspendus pour 6 mois. Durant cette p\u00e9riode, ils ne doivent plus s\u2019adresser \u00e0 leurs sujets, traiter des affaires li\u00e9es \u00e0 la chefferie, s\u2019habiller comme un chef, mais en simple citoyen lamba. Ils ne b\u00e9n\u00e9ficieront pas non plus de leurs indemnit\u00e9s de chefs traditionnels. La note ne dit pas qu\u2019ils ont failli \u00e0 leurs missions ou qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 reconnus coupables de telle chose ou telle autre. Et pourtant, la loi fait obligation \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 administrative de communiquer au chef traditionnel son dossier afin que celui-ci puisse \u00ab\u00a0<em>pr\u00e9senter ses moyens de d\u00e9fense par \u00e9crit<\/em>\u00a0\u00bb. Quel est l\u2019acte ill\u00e9gal qu\u2019ils ont commis\u00a0? La parole \u00e0 Payadowa Boukpessi.<\/p>\n<p>On peut \u00e9galement se poser des questions sur la proc\u00e9dure de suspension de ces chefs cantons. D\u2019apr\u00e8s la loi n\u00b02007-002 du 8 janvier 2007 relative \u00e0 la chefferie traditionnelle et au statut des chefs traditionnels au Togo, il existe trois paliers de sanctions disciplinaires. L\u2019avertissement, la suspension et le retrait de la reconnaissance par l\u2019administration. Ces sanctions sont prononc\u00e9es en fonction de la gravit\u00e9 du manquement. Sans avertissement, les trois chefs cantons ont \u00e9t\u00e9 suspendus. \u00ab<em>La suspension du chef traditionnel est prononc\u00e9e par le ministre charg\u00e9 de l&rsquo;administration territoriale, sur rapport du pr\u00e9fet. La suspension ne peut exc\u00e9der six (06) mois\u00a0<\/em>\u00bb, lit-on \u00e0 l\u2019article 31 de la loi du 8 janvier 2007. On voit alors que les chefs cantons ont \u00e9cop\u00e9 du maximum de mois de suspension.<\/p>\n<p>Pourquoi\u00a0? La raison est que les chefs traditionnels concern\u00e9s par les sanctions ne sont pas en odeur de saintet\u00e9 avec le pouvoir en place. Il s\u2019agirait en r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une sanction prise \u00e0 l\u2019encontre de personnalit\u00e9s traditionnelles qui sont simplement soup\u00e7onn\u00e9es d\u2019\u00eatre proches de l\u2019opposition.<\/p>\n<p><strong>Une loi qui viole le caract\u00e8re sacr\u00e9 de la chefferie traditionnelle<\/strong><\/p>\n<p>S\u2019il est vrai que les sanctions de Payadowa Boukpessi ont \u00e9t\u00e9 prises sur la base d\u2019une loi, il faut aussi avoir le courage de dire que ladite loi est une d\u00e9sacralisation l\u00e9galis\u00e9e de la chefferie traditionnelle au Togo. Depuis plusieurs mill\u00e9naires, un chef traditionnel est d\u00e9sign\u00e9 par ses sujets. Son autorit\u00e9 est bas\u00e9e sur la volont\u00e9 de la communaut\u00e9 \u00e0 laquelle il appartient. L\u2019autorit\u00e9 administrative n\u2019a donc aucune l\u00e9gitimit\u00e9 pour sanctionner un chef traditionnel, encore moins le d\u00e9mettre de ses fonctions. La chefferie traditionnelle n\u2019a pas besoin de la reconnaissance de l\u2019autorit\u00e9 administrative pour avoir le pouvoir que lui conf\u00e8re la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Au Togo, tout est fait dans le seul but d\u2019enraciner la dictature. Les chefs traditionnels ont \u00e9t\u00e9 transform\u00e9s en des subalternes de ceux qui d\u00e9tiennent le pouvoir ex\u00e9cutif. Ainsi, ils sont oblig\u00e9s de leur ob\u00e9ir aux doigts et \u00e0 l\u2019\u0153il. Le titre de chef traditionnel a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sacralis\u00e9 et ceux qui sont cens\u00e9s \u00eatre les gardiens des us et coutumes sont devenus des relais du pouvoir central. Au Ghana, au Burkina Faso et ailleurs, un chef traditionnel est une honorabilit\u00e9. Il re\u00e7oit la visite du chef de l\u2019Etat dans son palais et non le contraire. Il repr\u00e9sente l\u2019unit\u00e9 du pays et sa voie est pr\u00e9pond\u00e9rante. Au Togo, la chefferie traditionnelle est d\u00e9valoris\u00e9e et les sanctions de Payadowa Boukpessi ne font que confirmer la mainmise du pouvoir sur ces t\u00eates couronn\u00e9es autrefois sacr\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>G.A.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ils sont devenus des sujets du pouvoir administratif. La sanction annonc\u00e9e mercredi par le Conseil des ministres confirme, non seulement la mainmise du r\u00e9gime sur les gardiens des us et coutumes, mais aussi la d\u00e9sacralisation du titre de chef traditionnel. Le 13 janvier reste indubitablement une date m\u00e9morable dans l\u2019histoire du Togo. En 1963, c\u2019est &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3157,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[215,4],"tags":[483,482,13],"class_list":["post-3156","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-politique","tag-chefs-canton","tag-payadowa-boukpessi","tag-togo"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3156","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3156"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3156\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3158,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3156\/revisions\/3158"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3157"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3156"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3156"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3156"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}