{"id":2801,"date":"2020-09-16T20:59:19","date_gmt":"2020-09-16T20:59:19","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/libertetogo\/?p=2801"},"modified":"2020-09-16T20:59:19","modified_gmt":"2020-09-16T20:59:19","slug":"exploitation-de-gravier-a-bolou-vavatsi-dans-le-zio-descente-dans-une-carriere-ou-les-chinois-se-relayent-et-se-font-des-milliards","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/libertetogo.tg\/index.php\/exploitation-de-gravier-a-bolou-vavatsi-dans-le-zio-descente-dans-une-carriere-ou-les-chinois-se-relayent-et-se-font-des-milliards\/grand_reportage\/","title":{"rendered":"Exploitation de gravier \u00e0 Bolou-Vavatsi dans le Zio: Descente dans une carri\u00e8re o\u00f9 les Chinois se relayent et se font des milliards"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Aucune \u0153uvre sociale dans le village, conditions de travail ex\u00e9crables<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><em>L\u2019Afrique et plus particuli\u00e8rement le Togo est malade de ses ressources mini\u00e8res. Il suffit de faire un tour dans les r\u00e9gions mini\u00e8res pour se rendre compte de l\u2019\u00e9vidence. Dans le sud du Togo, trois pr\u00e9fectures illustrent bien cette caricature malheureuse\u00a0: Vo, du Yoto et du Zio. Nous nous int\u00e9ressons une fois de plus \u00e0 la pr\u00e9fecture de Zio pour les multiples carri\u00e8res dont elle regorge. <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>En mars 2019, nous avions fait cas d\u2019une exploitation d\u2019une vaste carri\u00e8re de gravier \u00e0 Bolou-Vavatsi. Nous avions mis en exergue l\u2019opacit\u00e9 quasi institutionnalis\u00e9e qui entoure la gestion de cette carri\u00e8re d\u00e9tenue par des Chinois. Nous avions d\u00e9plor\u00e9 les d\u00e9g\u00e2ts environnementaux et le non-respect des engagements de la responsabilit\u00e9 soci\u00e9tale des entreprises ainsi que les conditions plus que d\u00e9plorables des agents qui travaillent dans la carri\u00e8re. A la suite de la cession \u00e0 une autre soci\u00e9t\u00e9, nous nous sommes une fois de plus transport\u00e9s sur le terrain. C\u2019\u00e9tait le dimanche 05 juillet 2020. Curieusement, rien n\u2019a chang\u00e9. Les populations souffrent toujours le martyre. Les agents travaillent dans des conditions ex\u00e9crables qui n\u2019ont rien \u00e0 envier de celles d\u00e9crites dans Germinal d\u2019Emile Zola. Le quotidien est fait d\u2019accidents et de maladies et de salaires sont d\u00e9risoires. Pendant ce temps, les Chinois se constituent des fortunes qu\u2019ils rapatrient \u00e0 leur guise, puisque le permis d\u2019exploitation a \u00e9t\u00e9 renouvel\u00e9 pour encore trois ans. <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Les Chinois pillent un peu puis c\u00e8dent \u00e0 d\u2019autres Chinois<\/strong><\/p>\n<p>En mars 2016, un permis d\u2019exploitation du gneiss a \u00e9t\u00e9 d\u00e9livr\u00e9 par la Direction g\u00e9n\u00e9rale des mines et de la g\u00e9ologie (DGMG) \u00e0 l\u2019Entreprise d\u2019extraction de sable et de gravier (EESG SARL U), appartenant au Chinois Ding Peixi. Le projet consiste \u00e0 exploiter et \u00e0 concasser un affleurement de gneiss pour la production du gravier dans le village de Bolou-Vavatsi. Le site occupe une superficie de deux hectares neuf ares quatre-vingt-quatre centiares (2ha 9a 84ca). L\u2019EESG qui est dans sa premi\u00e8re exp\u00e9rience dans l\u2019exploitation d\u2019affleurement rocheux et de production de gravier au Togo, n\u2019a respect\u00e9 aucun des engagements pris lors du processus d\u2019acquisition du site.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Beaucoup de myst\u00e8res entourent cette carri\u00e8re comme bien d\u2019autres dans la pr\u00e9fecture du Zio. Il est n\u00e9cessaire dans un premier temps que les populations qui vivent dans une situation d\u00e9plorable, puissent rentrer dans leurs droits, surtout qu\u2019elles aient acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable. Le permis d\u2019exploitation de trois ans arrivant \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance le 31 mars 2019, on esp\u00e8re que les termes du contrat vont \u00eatre ren\u00e9goci\u00e9s au profit des populations et de l\u2019\u00c9tat avant tout renouvellement\u00a0<\/em>\u00bb, avions-nous sugg\u00e9r\u00e9 en mars 2019. Mais, il n\u2019en fut rien. Le secteur minier togolais \u00e9tant le domaine par excellence de la corruption.<\/p>\n<p>En effet, l\u2019alin\u00e9a 4 de l\u2019article 19 du Code minier dispose\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Les demandes de renouvellement des permis d&rsquo;exploitation devront \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9es au moins six (6) mois avant l&rsquo;expiration de la p\u00e9riode en cours. Toutes les demandes devront \u00eatre accompagn\u00e9es d&rsquo;un nouveau programme de d\u00e9veloppement et d&rsquo;exploitation et des preuves que le gisement concern\u00e9 est encore susceptible d&rsquo;exploitation \u00e9conomique\u00a0<\/em>\u00bb. Le permis expirant le 31 mars 2019, l\u2019ESSG aurait d\u00fb donc introduire sa demande de renouvellement en octobre 2018. Mais c\u2019est seulement le 27 mai 2019, soit deux mois apr\u00e8s l\u2019expiration du permis, qu\u2019elle a sollicit\u00e9 le renouvellement. Et le 02 juillet 2019, le permis de renouvellement est sign\u00e9 par le ministre des Mines et de l\u2019Energie, Marc Ably-Bidamon. En clair, pendant plus de trois mois, c\u2019est-\u00e0-dire du 31 mars au 02 juillet 2019, l\u2019EESG a exploit\u00e9 le gneiss de Bolou-Vavatsi en toute ill\u00e9galit\u00e9. \u00ab\u00a0<em>Les renouvellements d&rsquo;un permis d&rsquo;exploitation sont de droit, \u00e0 condition que le titulaire ait respect\u00e9 les obligations de la pr\u00e9sente loi et les engagements de son programme de d\u00e9veloppement et d&rsquo;exploitation, que son nouveau programme soit acceptable et qu&rsquo;il remplisse les conditions administratives relatives aux demandes de renouvellement\u00a0<\/em>\u00bb, pr\u00e9cise pourtant l\u2019alin\u00e9a 6 de l\u2019article 19 du Code minier.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas tout. Le 23 octobre 2019, une chose \u00e9trange se produit. L\u2019EESG du Chinois Ding Peixi qui s\u2019est fait octroyer courant 2019 d\u2019autres permis d\u2019exploitation dans la pr\u00e9fecture du Bas-Mono, d\u00e9cide de c\u00e9der son permis d\u2019exploitation renouvel\u00e9 pour une dur\u00e9e de trois ans \u00e0 l\u2019Entreprise des minerais du Togo (EMT SARL) cr\u00e9\u00e9e de toutes pi\u00e8ces en 2019 par un autre Chinois, Guo Songmin qui a c\u00e9d\u00e9 le 23 juin 2020 68% \u00a0des parts sociales \u00e0 Dong Changyou qui en est d\u00e9sormais le g\u00e9rant. Ainsi, depuis le 12 novembre 2019, date de la signature de la cession du permis, c\u2019est la soci\u00e9t\u00e9 EMT qui pille le sous-sol de Bolou-Vavatsi.<\/p>\n<p>Tout donne l\u2019air de pratiques mafieuses, est-on tent\u00e9 de dire. En tout cas, sur le site, les employ\u00e9s s\u2019en sont aper\u00e7us \u00e9galement. \u00ab <em>L\u2019\u00ab\u00a0ancien\u00a0\u00bb Chinois a vraisemblablement c\u00e9d\u00e9 le site \u00e0 d\u2019autres Chinois. Depuis, il n\u2019intervient plus dans les affaires concernant le site. Mais parfois, ce sont certains de ses engins utilis\u00e9s au niveau d\u2019Afangna qu\u2019on ram\u00e8ne ici pour les travaux\u00a0<\/em>\u00bb, d\u00e9clare un employ\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Bolou-Vavatsi, un village qui ne profite pas de ses richesses<\/strong><\/p>\n<p>Pour aller \u00e0 Bolou-Vavati, un village situ\u00e9 au nord-est de Ts\u00e9vi\u00e9, il faut s\u2019armer de patience et de courage. Entre les camions qui se suivent et soul\u00e8vent la poussi\u00e8re et les motocyclistes qui roulent avec acrobatie en slalomant sur cette route non bitum\u00e9e et caboss\u00e9e,\u00a0 le danger est permanant. Parlant d\u2019infrastructure, il n\u2019en existe pas. C\u2019est le d\u00e9sert total. Aucun service social n\u2019existe non plus. Au bord de la route Ts\u00e9vie-Aloko\u00e8gb\u00e9 et \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres du site, on aper\u00e7oit juste une \u00e9cole primaire faite en banco et qui r\u00e9siste aux al\u00e9as du temps. L\u2019\u00e9tablissement fait face au sentier qui d\u00e9bouche sur le site en allant \u00e0 Bolou Vavatsi. \u00ab <em>C\u2019est le temps qui nous dicte sa loi ici. Quand la pluie s\u2019annonce, il faut cong\u00e9dier tout le monde. Nous voyons passer beaucoup de v\u00e9hicules qui envahissent de poussi\u00e8re nos salles de classe <\/em>\u00bb, confie un jeune enseignant volontaire.<\/p>\n<p>A Bolou-Vavatsi, la situation est encore plus chaotique. Pas une \u00e9cole, m\u00eame en banco. De petits enfants fr\u00e9quentant le cours primaire, sont oblig\u00e9s d\u2019aller \u00e0 Ayivi Kov\u00e9, situ\u00e9 \u00e0 un peu plus de 6 kilom\u00e8tres. Chaque ann\u00e9e, ces m\u00f4mes parcourent des kilom\u00e8tres avec tous les risques possibles.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les exploitations et les millions qui sortent de ce village, les habitants continuent \u00e0 y boire de l\u2019eau de marigot ou de ruissellement. Dans le village, les jarres sont dress\u00e9es de mani\u00e8re diagonale afin de recueillir les eaux de ruissellement. Lors de notre dernier passage le 05 juillet 2020, l\u2019eau qui nous a \u00e9t\u00e9 servie \u00e9tait de couleur rouge\u00e2tre. \u00ab<em>C\u2019est ce que nous buvons ici. Soit il pleut et nous recueillons directement l\u2019eau de pluie ou nous allons dans certains endroits o\u00f9 l\u2019eau stagne pour en chercher<\/em> \u00bb, d\u00e9plore une femme. Pourtant, \u00e0 en croire le chef du village et d\u2019autres jeunes, les Chinois avaient promis de faire des projets d\u2019adduction en eau potable dans le village. Mais depuis leur arriv\u00e9e, ils n\u2019ont pas tenu leurs engagements. Selon certains agents, c\u2019est tout r\u00e9cemment qu\u2019un forage a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 dans la carri\u00e8re m\u00eame.<\/p>\n<p>Pour ce qui est des autres services sociaux de base, c\u2019est le cadet des soucis des \u00a0\u00ab\u00a0Chinois\u00a0\u00bb. Ce grand village de plusieurs centaines d\u2019habitants ne dispose d\u2019aucun centre de sant\u00e9. Les personnes alit\u00e9es sont transport\u00e9es, parfois dans des conditions insupportables pour aller se soigner \u00e0 Ts\u00e9vi\u00e9 ou ailleurs. Aussi l\u2019\u00e9tat de la route n\u2019arrange-t-elle pas les choses.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de tout, c\u2019est le d\u00e9sastre \u00e9cologique, surtout des d\u00e9g\u00e2ts des particules rejet\u00e9es par l\u2019exploitation sur la sant\u00e9 des populations qui est pr\u00e9occupant. En dehors des agents sur le site qui ne sont pas prot\u00e9g\u00e9s (nous y reviendrons), les populations sont expos\u00e9es \u00e0 toutes les maladies pulmonaires. La poussi\u00e8re d\u00e9gag\u00e9e par le site est directement inhal\u00e9e par les habitants. Malheureusement, aucun suivi ni accompagnement n\u2019est fait. Les autorit\u00e9s locales aussi ne semblent pas prendre la mesure de la situation. \u00ab <em>\u00c0 cette allure, nous risquons tous de mourir ici. Les gens viennent exploiter notre sol, ils ne nous font rien, et c\u2019est seulement la poussi\u00e8re qu\u2019ils nous envoient tous les jours. Eux, ils respirent l\u2019argent et nous, la poussi\u00e8re <\/em>\u00bb, s\u2019indigne un natif du milieu.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, les exploitants profitent bien souvent de la passivit\u00e9 ou carr\u00e9ment de la na\u00efvet\u00e9 des populations pour se sucrer sur leur dos et sur leur sant\u00e9 sans rien offrir en retour. Pourtant, la loi N\u00b02011-008 du 05\/05\/2011 relative \u00e0 la contribution des entreprises mini\u00e8res au d\u00e9veloppement local et r\u00e9gional fait obligation \u00e0 tout exploitant de ressources mini\u00e8res, titulaire de permis d\u2019exploitation \u00e0 grande ou \u00e0 petite \u00e9chelle ou m\u00eame titulaire d\u2019un simple permis d\u2019exploitation artisanal \u00e0 contribuer \u00e9conomiquement \u00e0 la vie de la communaut\u00e9 propri\u00e9taire des terrains sur lesquels il extrait son minerai. Ceci dans la perspective de r\u00e9aliser des \u0153uvres socio-\u00e9conomiques et communautaires. \u00ab\u00a0<em>La participation financi\u00e8re est annuelle. Elle est vers\u00e9e \u00e0 la fin de chaque ann\u00e9e d\u2019exploitation <\/em>\u00bb, dispose l\u2019article 2 de cette loi. Selon les termes du permis de renouvellement attribu\u00e9 \u00e0 EESG (article 9), elle est <em>\u00ab\u00a0tenue de participer au d\u00e9veloppement local et r\u00e9gional. La contribution consiste en une participation financi\u00e8re annuelle minimale de cinq (05) millions FCFA pour la r\u00e9alisation d\u2019\u0153uvres socio\u00e9conomiques et communautaires dans la localit\u00e9 de Bolou-Vavatsi. Le montant de cette contribution minimale sera augment\u00e9 annuellement d\u2019un (01) million de FCFA jusqu\u2019\u00e0 ce que ladite contribution minimale annuelle atteigne un plafond de dix (10) millions FCFA. Ce fonds est g\u00e9r\u00e9 par un comit\u00e9 tripartite comprenant les repr\u00e9sentants de la DGMG, de la soci\u00e9t\u00e9 EESG et des populations locales<\/em>\u00a0\u00bb. Mais jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9part, l\u2019EESG n\u2019a rien r\u00e9alis\u00e9 dans la localit\u00e9. En plus, le comit\u00e9 tripartite n\u2019a jamais exist\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019EMT dont la contribution consiste en une participation financi\u00e8re de 0,75% de son chiffre d\u2019affaire annuelle et en la r\u00e9alisation d\u2019\u0153uvres socio\u00e9conomiques et communautaires dans la localit\u00e9 de Bolou-Vavatsi et ses environs conform\u00e9ment au d\u00e9cret N\u00b02017-023\/PR du 25 f\u00e9vrier 2017 portant d\u00e9termination des modalit\u00e9s d\u2019application de la loi N\u00b02011-008 du 05 mai 2011 relative \u00e0 la contribution des entreprises mini\u00e8res au d\u00e9veloppement local et r\u00e9gional, embo\u00eete le pas \u00e0 l\u2019EESG. Bient\u00f4t un an, mais elle n\u2019a entrepris aucune \u0153uvre sociale dans la localit\u00e9.<\/p>\n<p>M\u00eame le chef du village, Togbui Adokou Kokou, n\u2019est au courant de rien.\u00a0 \u00ab\u00a0<em>Comme nous ne sommes pas vraiment instruits, nous ne comprenons rien. C\u2019est vous-m\u00eames qui nous ouvrez les yeux sur certaines choses. Nous, on est dans le village ici et on est dans le noir total. On ne ma\u00eetrise pas grand-chose dans cette exploitation<\/em> \u00bb, dit-il amer. Devant la concession du chef, on y a d\u00e9couvert un tas de graviers. On croyait qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un cadeau des Chinois au titre d\u2019\u0153uvre sociale. Mais ce n\u2019\u00e9tait pas le cas. C\u2019est un fr\u00e8re du chef, vivant \u00e0 Lom\u00e9, qui le lui a bien achet\u00e9.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le chef regrette le manque de communication autour de l\u2019exploitation et surtout avant les dynamitages. \u00ab <em>Parfois, les gens sont surpris et le bruit de la bombe fait trembler. Il y en a qui ont des probl\u00e8mes cardiaques. Le dynamitage d\u00e9coiffe certains toits ou endommage des habitations \u00e9parpill\u00e9es dans la brousse. Mais les Chinois ne font rien quand ils sont interpell\u00e9s. Ils n\u2019ont que faire de nous<\/em> \u00bb, d\u00e9plore-t-il.<\/p>\n<p><strong>La carri\u00e8re et les conditions de travail<\/strong><\/p>\n<p>A la travers\u00e9e du site d\u2019exploitation de gravier concass\u00e9 de Bolou-Vavatsi, une chose attire l\u2019attention. L\u2019aspect s\u00e9curitaire. Le site n\u2019est pas s\u00e9curisant ni pour les agents ni pour les habitants. Un gigantesque trou o\u00f9 se fait le dynamitage pr\u00e9sente un danger ind\u00e9niable. Une partie de la zone est juste cl\u00f4tur\u00e9e par des t\u00f4les.<\/p>\n<p>En outre, de la route nationale N\u00b01 jusque sur le site de la carri\u00e8re, aucun panneau ne renseigne sur la soci\u00e9t\u00e9 et l\u2019extraction et la transformation des roches en gravier concass\u00e9. Tout se fait dans l\u2019anonymat complet. Il n\u2019existe non plus aucune signalisation sur la route informant les usagers des passages fr\u00e9quents de gros porteurs.<\/p>\n<p>Les employ\u00e9s sont une trentaine sur le site et travaillent sans contrat. \u00ab <em>C\u2019est maintenant que nous sommes en train de nous organiser pour avoir un syndicat et pouvoir bien d\u00e9fendre nos droits et<\/em> <em>int\u00e9r\u00eats<\/em> \u00bb, informe un ouvrier. Ils n\u2019ont droit qu\u2019\u00e0 un salaire d\u00e9risoire (40.000 F CFA) contre 100.000 F CFA promis au d\u00e9but de leur recrutement. Sur le site, \u00e7a ne dort vraiment pas. Les employ\u00e9s travaillent de 07 heures du matin \u00e0 22 heures la nuit, avec une petite heure de pause.<\/p>\n<p>\u00ab <em>Ce qui nous r\u00e9volte, c\u2019est qu\u2019il y a au moins 7 Chinois sur le site mais qui sont grassement bien pay\u00e9s. Nous qui faisons la plus grande partie du travail d\u00e9j\u00e0 dans les conditions p\u00e9nibles, on n\u2019a rien de consistant. M\u00eame nos chaussures sont us\u00e9es, les casques laissent \u00e0 d\u00e9sirer. Ils nous avaient promis du lait et d\u2019autres choses mais ils ne nous les ont jamais donn\u00e9s. Il faut tout de m\u00eame noter que nous sommes pay\u00e9s \u00e0 temps et l\u2019on n\u2019a m\u00eame pas d\u2019arri\u00e9r\u00e9s avec eux. C\u2019est le seul point positif. Le reste, c\u2019est\u00a0 difficile<\/em> \u00bb, rench\u00e9rit un autre ouvrier.<\/p>\n<p>Les accidents de travail sont r\u00e9currents. Mais leur gestion par les exploitants hasardeuse. Il nous a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 qu\u2019un ouvrier a perdu nombre de ses dents dans l\u2019exercice de son travail. Mais apr\u00e8s juste les premiers soins, il a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 \u00e0 son sort et contraint de reprendre tr\u00e8s vite son travail afin de subvenir \u00e0 ses besoins.<\/p>\n<p>L\u2019exploitation de cette mine profite beaucoup aux Chinois et dans une certaine mesure \u00e0 la municipalit\u00e9. Hormis les dimanches, tous les v\u00e9hicules qui sortent de la carri\u00e8re avec du gravier sont astreints \u00e0 une taxe\u00a0: 2000 F CFA pour les 22 roues, 1000F CFA pour les 10 roues et 500 F CFA pour les tricycles. Mais parfois, des agents de la municipalit\u00e9, mus par la corruption, prennent moins et ne d\u00e9livrent pas de ticket. En plus, c\u2019est les dimanches que la plupart des v\u00e9hicules font de bonnes affaires. Ils profitent de l\u2019absence des agents de la municipalit\u00e9 pour faire plusieurs allers-retours. Ce dimanche 05 juillet 2020, nous avons, au cours de notre bref passage sur la route et le site, enregistr\u00e9 le passage d\u2019une vingtaine de v\u00e9hicules et d\u2019un tricycle.<\/p>\n<p>Selon les informations recueillies sur le site, 20 m3 sont produits en l\u2019espace de 35 minutes. L\u2019exploitation est donc consid\u00e9rable par jour. Le m\u00e8tre cube du gravier concass\u00e9 se vend \u00e0 12 000 F CFA. Chacun de se faire une petite id\u00e9e sur ce que brassent ces exploitants et leurs complices togolais dans ce village.<\/p>\n<p>Bolou-Vavatsi manque de tout. Pourtant son sol, pour ne pas dire son sous-sol est riche dont profitent des r\u00e9seaux qui ne pensent gu\u00e8re \u00e0 d\u00e9velopper le milieu. Ce village se meurt \u00e0 petit feu sous le regard indiff\u00e9rent des autorit\u00e9s qui manifestement, pr\u00e9f\u00e8rent les commissions et les ristournes des exploitants que de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats de leurs concitoyens.<\/p>\n<p><strong>Shalom Ametokpo<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Aucune \u0153uvre sociale dans le village, conditions de travail ex\u00e9crables L\u2019Afrique et plus particuli\u00e8rement le Togo est malade de ses ressources mini\u00e8res. Il suffit de faire un tour dans les r\u00e9gions mini\u00e8res pour se rendre compte de l\u2019\u00e9vidence. 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